Libreville : ces détours de taxis qui sabotent le temps des usagers
À Libreville, prendre un taxi relève de plus en plus du pari. Détours imprévus, changements d’itinéraires sans concertation, arrêts opportunistes pour d’autres clients : une pratique devenue quasi coutumière chez certains chauffeurs, au détriment des usagers. Retards professionnels, rendez-vous manqués, cours perturbés… Le phénomène interroge la régulation du transport urbain dans la capitale.
Emprunter un taxi à Libreville devrait être un service simple : un point de départ, une destination, un trajet direct. Dans les faits, la réalité est tout autre. Plusieurs usagers interrogés par Gabon Media Time dénoncent des détours imposés sans explication préalable.
Du quartier Plein Ciel vers la Cité Damas, certains chauffeurs dépasseraient le pont d’Awendjé pour s’enfoncer dans la zone industrielle d’Oloumi afin de déposer un autre client, avant de revenir par Belle Vue 2. Résultat : un trajet rallongé, un temps de parcours imprévisible et des retards accumulés.
Des détours qui deviennent la norme
Autre cas rapporté : un passager quittant Owendo pour le rond-point de la Cité de la Démocratie se retrouve conduit vers Lalala, puis au centre-ville, alors que la voie express offrait un itinéraire plus rapide. Même logique depuis Akanda vers Charbonnages, avec des arrêts intermédiaires aux Immeubles Floria ou un passage par le Lycée national Léon Mba et les Hauts de Gué-Gué.
Ces détours, devenus banals, traduisent une logique de rentabilité maximale au détriment du temps du client initial. Pire, selon certains témoignages, le chauffeur ne précise pas toujours qu’un autre passager doit être déposé en priorité.
Une obligation de résultat ignorée ?
Sur le plan juridique, le transporteur est soumis à une obligation de résultat : conduire le passager à destination dans des conditions normales et raisonnables. Certes, l’usager arrive généralement au point prévu. Mais à quel prix ? Retards à un entretien d’embauche, à un stage, à une conférence ou à un cours.
Au-delà du simple désagrément, c’est la fiabilité du service public informel de transport qui est en cause. Libreville, ville déjà confrontée à des embouteillages chroniques, ne peut se permettre d’ajouter l’imprévisibilité aux contraintes existantes.
La question mérite d’être posée : jusqu’à quand cette pratique restera-t-elle tolérée ? La régulation du transport urbain, la sensibilisation des chauffeurs et le respect des usagers doivent redevenir une priorité. Car dans une capitale moderne, le temps du citoyen ne devrait jamais être une variable d’ajustement.









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