Libreville : après une tentative d’incendie au greffe, Augustin Emane ordonne l’ouverture d’une enquête
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé des Droits humains, Dr. Augustin Emane, a ordonné l’ouverture d’une enquête administrative après l’incident grave survenu le 25 février 2026 au tribunal de première instance de Libreville. Une usagère, venue réclamer un dossier déclaré « introuvable », aurait tenté d’incendier le greffe civil en aspergeant des dossiers et des agents de pétrole. Des faits qui ont profondément choqué l’institution judiciaire et relancent la question de la sécurité dans les juridictions.
Les faits remontent au 25 février 2026 au tribunal de première instance de Libreville. Selon les éléments rapportés par le quotidien L’Union dans son édition du jeudi 5 mars 2026, une femme s’est présentée au greffe civil munie de deux bouteilles de pétrole et d’un allume-gaz, après avoir appris la veille que son dossier était « introuvable ».
Une agression au cœur du Palais de justice
La veille déjà, l’usagère avait contacté le greffier en chef pour s’enquérir de l’avancement de sa procédure. Face à la réponse indiquant que le dossier n’était pas localisé, la tension serait montée d’un cran. Le lendemain, la situation a basculé dans la violence. Selon les témoignages rapportés, la femme aurait aspergé plusieurs dossiers judiciaires ainsi que cinq agents du greffe, parmi lesquels se trouvait une femme enceinte, tout en exigeant que son dossier soit immédiatement retrouvé.
La scène aurait pu tourner au drame. Les agents présents sur place, appuyés par des forces de l’ordre, sont parvenus à maîtriser l’individu avant que l’irréparable ne se produise. Aucun blessé grave n’a été signalé, mais l’incident a provoqué une vive émotion au sein de la juridiction.
Le garde des Sceaux condamne des faits « inadmissibles »
Dans une déclaration rendue publique mardi, le ministre de la Justice Augustin Emane s’est dit solidaire des agents de l’État affectés au greffe, victimes de cette agression. Il a dénoncé avec fermeté des actes qu’il qualifie d’« inadmissibles, survenus qui plus est dans l’enceinte sacrée d’un Palais de justice ».
Au regard de la gravité de l’incident, le garde des Sceaux a ordonné l’ouverture d’une enquête administrative afin de déterminer les circonstances exactes de cette affaire et d’établir les responsabilités éventuelles.
Une réflexion engagée sur la sécurité et la gestion des dossiers
Au-delà de l’enquête, la Chancellerie entend également tirer les enseignements de cet épisode. Le ministre a ainsi demandé à l’Inspection générale des services judiciaires, en collaboration avec les chefs de juridictions et les responsables des greffes, de mener une réflexion sur les mécanismes susceptibles d’améliorer la gestion des dossiers judiciaires.
Parallèlement, le commandement de la Sécurité pénitentiaire a été chargé d’examiner les mesures permettant de renforcer la sécurité au sein des juridictions. L’objectif est d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent, dans un contexte où les dysfonctionnements administratifs et les frustrations des justiciables peuvent parfois dégénérer.
Cet incident rappelle en tout cas la fragilité des conditions d’accueil et de traitement des dossiers dans certaines juridictions, où la modernisation des procédures apparaît désormais comme un enjeu majeur pour restaurer la confiance des justiciables.










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