La gestion des ordures ménagères : Une responsabilité partagée
La question de la gestion des ordures ménagères à Libreville ne peut plus être abordée uniquement sous l’angle technique. Elle est aujourd’hui devenue un véritable enjeu de civisme, de responsabilité collective et d’image pour la capitale gabonaise.
Engagée dans la modernisation du système de collecte des déchets, la société Clean AFRICA, en charge de cette mission à Libreville, a clairement affiché son ambition : réduire progressivement la présence des bacs à ordures dans les rues de la ville.
Cette orientation s’inscrit dans une logique simple : mettre fin aux dépôts permanents d’ordures dans l’espace public.
Changer les habitudes pour assainir la ville
Le modèle vers lequel tend la ville est celui adopté dans certaines capitales telle que Kigali au Rwanda : les ménages conservent leurs ordures chez eux et les sortent uniquement au moment du passage du camion de Clean Africa pour les remettre aux agents de collecte.
Pour accompagner cette organisation, les programmes de passage des camions poubelles sont rendus publics chaque jour à travers plusieurs canaux :
• Le quotidien national L’Union,
• Les réseaux sociaux officiels de Clean AFRICA,
• Le site internet de l’entreprise,
Ainsi que des panneaux d’affichage situés dans les grands carrefour de la ville.
Ces informations permettent à chaque citoyen de connaître précisément les jours et horaires de collecte de son quartier.
Autrement dit, le service existe, il est organisé et il est largement diffusé.
Le véritable problème : l’incivisme
Pourtant, malgré ces efforts d’organisation, des tas d’ordures continuent d’apparaître dans plusieurs zones de la capitale. La raison est connue : de nombreux citoyens continuent de déposer leurs déchets dans la rue à toute heure, en dehors des jours de collecte. Cette pratique transforme rapidement un simple dépôt en amas d’ordures incontrôlé, attirant animaux errants, insectes et nuisances.
Or, il convient de rappeler un fait essentiel : Clean AFRICA n’est pas une force de police. L’entreprise collecte les déchets, mais elle ne dispose d’aucun pouvoir de sanction pour contraindre les comportements inciviques.
Or, il apparaît désormais clairement que pour mettre fin à cette habitude nuisible, le recours à la coercition serait salutaire. La propreté d’une ville ne dépend pas uniquement de l’efficacité d’un opérateur. Elle repose aussi et surtout sur la discipline collective de ses habitants.
Une responsabilité partagée
Il est illusoire de croire qu’une capitale peut rester propre si chacun considère que la rue est un lieu où l’on peut se débarrasser librement de ses déchets.
Dans toutes les grandes villes du monde, la gestion des déchets repose sur un principe simple : chacun doit respecter les règles de sortie des ordures. Libreville ne peut faire exception. La réussite du nouveau modèle de collecte dépend donc d’un véritable changement de comportement des populations.
Des solutions pour accompagner le nouveau schéma de collecte
Pour relever ce défi, plusieurs actions pourraient renforcer l’efficacité du dispositif actuel.
D’abord, intensifier la sensibilisation citoyenne. Davantage de campagnes d’information régulières doivent rappeler les bonnes pratiques de gestion des déchets et les horaires de collecte. Ensuite, impliquer davantage les autorités municipales et les chefs de quartier. Le relais de proximité est essentiel pour responsabiliser les habitants.
Troisièmement, instaurer des sanctions contre les dépôts sauvages. Des amendes clairement appliquées pourraient décourager les comportements irresponsables. Enfin, encourager la mobilisation communautaire. Associations, comités de quartiers et leaders locaux peuvent jouer un rôle déterminant dans la promotion d’une culture de propreté.
Libreville mérite mieux
Au-delà de la simple question de la gestion des ordures, c’est l’image même de Libreville et la santé publique qui sont en jeu. Une capitale propre attire des investisseurs, protège la santé publique et renforce la fierté des citoyens.
L’État, les municipalités et les opérateurs peuvent organiser la collecte, mais la propreté d’une ville commence toujours par le comportement de ceux qui y vivent. La transformation de Libreville en une capitale moderne et propre ne dépend donc pas seulement des camions poubelles… mais aussi de chaque citoyen.










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