Koulamoutou : la relance discrète mais stratégique des cités administratives
À l’occasion de sa tournée d’inspection dans l’Ogooué-Lolo, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a remis au centre du débat une politique longtemps marginalisée : celle du logement public. Derrière la visite de chantiers à Lastourville et Koulamoutou, se dessine une stratégie plus large de stabilisation sociale et de redéploiement de l’action de l’État à l’intérieur du pays.
Longtemps relégué au rang de variable secondaire, le logement administratif refait progressivement surface dans les priorités publiques. À Lastourville, la construction de vingt logements destinés aux agents de l’État illustre cette volonté de répondre à un besoin structurel : loger décemment les fonctionnaires affectés à l’intérieur du pays, condition essentielle à la continuité du service public. Au-delà du bâti, l’enjeu est humain et institutionnel. Sans logements accessibles, l’administration peine à retenir les compétences, favorisant absentéisme, affectations fictives et concentration excessive des agents dans le Grand Libreville.
Des projets hérités, longtemps abandonnés
À Koulamoutou, la cité MIBAKA incarne les dérives du passé. Lancée par la Société nationale immobilière puis abandonnée par le régime déchu, cette cité symbolisait l’échec d’une politique de logement public sans suivi ni volonté politique. Sa relance actuelle, avec un premier lot de dix-sept logements en voie de livraison, marque une rupture assumée avec cette gestion discontinue.
Ce choix n’est pas anodin. Il s’agit moins de lancer de nouveaux projets que de sauver des investissements publics immobilisés, souvent laissés à l’abandon au détriment des finances de l’État.
Le logement, levier de stabilité sociale
En filigrane, le logement public apparaît comme un outil de stabilisation sociale et territoriale. Offrir un cadre de vie décent aux agents de l’État, c’est renforcer leur ancrage local, améliorer leur efficacité et redonner de la crédibilité à l’action publique dans les provinces.
Cette relance, discrète mais méthodique, s’inscrit ainsi dans une logique d’équilibre territorial. Elle traduit une approche pragmatique : consolider l’existant, corriger les erreurs du passé et faire du logement un pilier silencieux mais essentiel de la refondation de l’État.









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