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Julien Nkoghe Bekale : « Il y a un seul PDG »

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Au moment où les rivalités internes secouent le Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a décidé de rompre le silence. Dans une tribune politique, il dénonce une « guerre de leadership » qu’il juge nuisible à la reconstruction du parti et rappelle que le PDG reste, selon lui, un parti national appartenant avant tout à ses militants. Lecture.

La guerre de leadership, à laquelle se livre notre ancien Camarade Ali Akbar ONANGA YE OBEGUE ne peut laisser indifférent les militants fidèles que nous sommes. J’ai décidé de briser le silence et d’exprimer mon point de vue sur cette situation.

N’en déplaise à notre ancien camarade, le renouveau et la reconstruction du PDG ne se font ni au bord de la Seine ni au bord de la Tamise. Ce travail de reconstruction du Parti se fait ici au Gabon avec l’ensemble des militants au bord du Komo, de la Mpassa, de la Lolo, de la Bouenguidi, de l’Ogooué, de la Nyanga, de la Ngounié, du Ntem, du Woleu, de l’Abanga, de l’Ivindo, de l’Okano et j’en passe.

Le Parti Démocratique Gabonais est un Parti national et non familial. Il appartient aux militants.

Le Directoire actuel du Parti est légal et légitime. Il est l’émanation de la volonté militante exprimée lors du Congrès du 30 Janvier 2025. A l’occasion de ce Congrès, les militants ont mis fin aux fonctions du directoire mis en place avec la complicité passive de Monsieur Ali BONGO ONDIMBA, qui les a préalablement reçus dans sa résidence avant leur installation. D’ailleurs, la plupart des membres de ce Directoire de circonstance ont tourné casaque.

Le Directoire actuel est resté fidèle. Pourquoi vouloir déstabiliser ceux qui sont restés fidèles ? Pour quelle finalité ? et dans quel but ?

Si le PDG est encore un Parti audible, c’est en partie grâce à ce Directoire et aux militants restés fidèles qui ont refusé les appels au large. Dans un contexte électoral où tout a été mis en œuvre pour faire disparaitre le PDG du paysage politique et institutionnel, notre Parti a su tirer son épingle du jeu.

En politique comme dans la vie, il faut savoir tirer les leçons de ses échecs. Il faut savoir encaisser et se préparer à se relever dignement.  

Un travail de reconstruction méthodique est en cours. Un Congrès se prépare. Et c’est ce travail que certains veuillent saboter en complicité avec ceux qui sont partis et veulent tuer le PDG.

Il est vrai que notre Parti traverse une période charnière de sa longue histoire politique et institutionnelle. Les départs, les divergences stratégiques, les repositionnements individuels ont affaibli notre Parti.

Aujourd’hui, les défis auxquels le Parti est confronté sont d’une ampleur et d’une complexité exceptionnelles. Les solutions appellent à la lucidité, à la prise de conscience, à l’unité, à la cohésion et à l’élévation du débat au-dessus des guerres de leadership.  

Les militants ont besoins d’une pédagogie de la vérité, d’une parole unie et d’une transparence totale sur les difficultés structurelles que connait le Parti. Ils n’ont pas besoin de fragmentation ni de divisions internes. Ils sont fatigués des querelles de leader et des luttes d’influence. Les militants attendent une direction claire, une mobilisation de toutes les énergies et une cohérence d’actions.

Pour rappel, ce sont les militants qui élisent le Président du Parti et le Directoire. Il n’existe donc pas deux PDG. Il existe un seul PDG. Celui de militants qui ne sont ni les sujets ni la propriété des personne.

C’est ce PDG que le Directoire actuel avec le soutien des militants tente de reconstruire, de protéger et de repositionner sur l’échiquier politique. Cette ambition ne peut ne peut se réaliser que dans l’unité, la discipline et l’intérêt supérieur du Gabon et du Parti.

Mon appel à l’unité s’adresse aux figures politiques, aux militants qu’ils aient pris leurs distances à un moment donné ou qu’elles se soient arrimés par contrainte au pouvoir actuel.

Nous devons accepter des mettre de côté nos rancœurs et nos calculs individuels.

Notre unité doit être inclusive, territorialisée, partagée et respectueuse de toutes les sensibilités. L’enjeu est stratégique.

Appeler à l’unité, ce n’est pas nier les différences ; c’est accepter de les ordonner autour d’un objectif commun. Ce n’est pas effacer le passé, c’est refuser d’en être prisonnier.

Notre objectif commun est la reconquête de la confiance perdue du peuple.

Julien Nkoghe Bekale
Membre du Parti démocratique gabonais (PDG)

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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