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Jeux d’argent : la GDJ lance un appel à manifestation d’intérêt et reprend la main sur le secteur

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La Gabonaise des Jeux (GDJ) a annoncé, ce jeudi 12 février 2026, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) en vue de délivrer des licences à des opérateurs privés. Une étape majeure dans la réforme du secteur des jeux de hasard et d’argent au Gabon, désormais placée sous un encadrement plus strict et directement arrimée aux nouvelles ordonnances présidentielles.

Une réforme qui rebat les cartes du marché. Dans un communiqué signé par son directeur général, Roméo Nguema Ondo, la La Gabonaise des Jeux (GDJ) précise que cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des ordonnances n°0010/PR/2025 et n°0011/PR/2025 du 30 décembre 2025, lesquelles ont profondément réformé le cadre juridique applicable aux jeux de hasard et d’argent au Gabon.

Concessionnaire du monopole public en la matière, la GDJ entend désormais sélectionner des opérateurs tiers appelés à exercer sous sa supervision et son contrôle. L’objectif affiché est clair : sortir durablement d’un fonctionnement marqué par l’informalité et instaurer une régulation cohérente et structurée.

La réforme aura un impact immédiat. La direction générale précise que « toutes les autorisations, licences et déclarations antérieures deviendront caduques passé le délai de trois (3) mois (…) soit à compter du 7 avril 2026 ». Autrement dit, les opérateurs déjà installés devront se conformer au nouveau dispositif ou cesser leurs activités.

Transparence, conformité et lutte contre les dérives

La GDJ affirme vouloir mettre en place « une procédure de sélection transparente, équitable et rigoureuse ». Les futurs opérateurs devront démontrer leur conformité aux exigences nationales en matière de prévention du jeu excessif, de protection des mineurs, de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que de sécurisation des transactions.

Au-delà de la conformité juridique, l’appel à manifestation d’intérêt cible des entreprises disposant de capacités techniques, financières et organisationnelles avérées. Les projets retenus devront s’aligner sur les orientations stratégiques de l’État, notamment en matière de développement économique et de responsabilité sociale. Les entreprises intéressées peuvent d’ores et déjà solliciter des informations auprès de la GDJ, tandis que les dossiers devront être déposés au plus tard le 2 mars 2026.

Vers un marché encadré et souverain

Avec cette démarche, la GDJ engage une nouvelle architecture de gouvernance du secteur. Le marché s’ouvre à des opérateurs privés, mais dans un cadre où l’État conserve la maîtrise stratégique et le contrôle réglementaire. Cette relance encadrée vise à professionnaliser le secteur, sécuriser les recettes publiques et réduire les risques sociaux associés aux jeux d’argent. En toile de fond, un enjeu de souveraineté économique et de crédibilité institutionnelle.

Le message est limpide : le temps des tolérances informelles est révolu. Le secteur des jeux de hasard et d’argent entre désormais dans une ère de régulation renforcée, où transparence, responsabilité et conformité deviennent les nouvelles règles du jeu.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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