Hôtellerie : un repli trimestriel, mais une croissance annuelle qui résiste
Enregistrant une baisse de 20,7 % de son activité au deuxième trimestre 2025, le secteur hôtelier gabonais de standing international marque le pas après l’effet dopant de la présidentielle. Toutefois, sur l’ensemble de l’année, la croissance demeure solide, portée par les investissements structurants, le tourisme d’affaires et l’arrivée annoncée de grandes chaînes internationales.
Selon la note de conjoncture sectorielle publiée par la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale, l’hôtellerie gabonaise traverse une phase de correction après un début d’année particulièrement dynamique. Le recul de 20,7 % observé au deuxième trimestre 2025 traduit essentiellement la fin de l’effet d’entraînement des grands événements politiques, notamment la présidentielle, qui avaient fortement soutenu la fréquentation au premier semestre.
Pour autant, ce repli trimestriel ne saurait masquer la tendance de fond. Sur l’ensemble du semestre, l’activité du secteur progresse de 17,6 %, confirmant une reprise structurelle après les années de ralentissement liées à la pandémie de Covid-19 et aux fragilités économiques antérieures.
Un parc hôtelier en expansion progressive
Le Gabon compte plusieurs centaines d’établissements hôteliers formels, concentrés majoritairement à Libreville et Port-Gentil. Les données historiques font état de plus de 300 hôtels pour environ 5 300 chambres, un parc qui a continué de s’étoffer ces dernières années, notamment dans les segments trois à cinq étoiles.
Un système de classification officiel, supervisé par les autorités touristiques, vise à harmoniser les standards et à aligner l’offre nationale sur les normes internationales. C’est dans ce cadre que se développe progressivement une hôtellerie de standing, capable d’accueillir une clientèle exigeante, notamment étrangère.
Une croissance confirmée sur les dernières années
Les chiffres de fréquentation illustrent cette dynamique. Le nombre de clients accueillis dans les hôtels de classe internationale est passé d’environ 133 394 en 2022 à 141 410 en 2023, puis à 153 258 en 2024, soit une hausse de 8,4 % entre 2023 et 2024. Dans le même temps, le chiffre d’affaires du segment est passé de 23,4 milliards de FCFA en 2023 à 27,4 milliards en 2024, enregistrant une progression supérieure à 17 %. Ces performances confirment que, malgré le fléchissement observé au T2 2025, l’hôtellerie gabonaise reste engagée sur une trajectoire de croissance annuelle.
La clientèle demeure majoritairement orientée vers le tourisme d’affaires. Près de 60 % des visiteurs étrangers fréquentant les hôtels gabonais voyagent pour des raisons professionnelles ou événementielles (segment MICE). Les secteurs pétrolier, minier et les grandes entreprises internationales continuent ainsi de soutenir la demande.
Des freins persistants à lever
Sur le plan des investissements, l’hôtellerie apparaît comme un levier stratégique de diversification économique. Les partenariats engagés par le Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques, notamment avec le groupe Kasada, ont permis de structurer des projets ambitieux. L’annonce de l’implantation prochaine d’un hôtel Hilton à la Baie des Rois renforce la crédibilité du Gabon comme destination hôtelière régionale.
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles freinent encore le décollage définitif du secteur : insuffisance des infrastructures routières et de transport domestique, coût élevé du transport aérien, concurrence des hébergements informels et déficit de main-d’œuvre qualifiée. Autant de défis qui nécessitent des politiques publiques cohérentes et un effort soutenu de formation.
2026, une année charnière ?
Les perspectives pour 2026 restent globalement favorables. Si les investissements se concrétisent, si les infrastructures s’améliorent et si la promotion touristique gagne en efficacité, l’hôtellerie gabonaise pourrait non seulement retrouver ses niveaux d’avant-crise, mais aussi élargir sa clientèle au-delà du seul tourisme d’affaires.
Dans un contexte de diversification économique, un secteur hôtelier performant demeure un vecteur essentiel d’emplois, de recettes et d’attractivité internationale. Le recul ponctuel de 2025 apparaît ainsi moins comme un signal d’alerte que comme une respiration dans une trajectoire de redressement encore fragile, mais résolument engagée.









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