Haut-Ogooué : l’or clandestin prospère, l’État face à un réseau tentaculaire
Dans la province du Haut-Ogooué, l’exploitation aurifère clandestine continue de prospérer à l’ombre des circuits légaux, drainant des dizaines, voire des centaines de millions de francs CFA. À Moanda, autour du village de Lemagna, les autorités évoquent désormais l’existence d’un réseau structuré, nourri par des complicités locales et des intérêts financiers considérables. Une économie souterraine qui pose un défi sécuritaire, économique et judiciaire majeur à l’État.
Dans le département de la Lékoko, les signaux d’alerte se multiplient. Selon des sources sécuritaires, l’or extrait illégalement dans cette zone du Haut-Ogooué échapperait massivement aux circuits officiels, au regard des volumes concernés. Une manne qui alimente des réseaux parallèles, qualifiés de véritables « cartels », tant leur organisation semble structurée et durable.
Un réseau organisé aux ramifications locales
Les enquêtes en cours pointent des complicités locales présumées, ainsi que l’implication indirecte de certains notables du secteur. À Moanda, autour du village de Lemagna, l’orpaillage clandestin ne se limite plus à des initiatives isolées. Il s’inscrirait dans une logique de filière, avec des circuits d’extraction, de collecte et d’écoulement bien rodés.
Les montants générés par cette activité illicite se chiffreraient à plusieurs dizaines, voire centaines de millions de francs CFA, selon des estimations sécuritaires. Un niveau de gains qui explique la persistance du phénomène et la résistance des réseaux face aux opérations de contrôle.
Violences, usurpations et insécurité croissante
Au-delà de l’enjeu économique, l’exploitation aurifère clandestine s’accompagne de dérives inquiétantes. Violences, extorsions, intimidations et usurpations d’identité sont régulièrement signalées. La récente interpellation d’un individu se faisant passer pour un agent de la Direction générale des services spéciaux illustre la dangerosité de ces réseaux, capables de manipuler les symboles de l’autorité pour sécuriser leurs activités.
Ces pratiques renforcent le climat d’insécurité dans certaines zones rurales, tout en fragilisant la crédibilité de l’action publique auprès des populations locales, souvent prises en étau entre précarité économique et pressions criminelles.
L’État à l’offensive, la justice en ligne de mire
Face à l’ampleur du phénomène, les services compétents ont intensifié les investigations. L’objectif affiché est clair : démanteler l’ensemble de la chaîne, identifier les cerveaux du système et mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources aurifères. Les autorités judiciaires devraient être saisies au fur et à mesure de l’évolution des enquêtes, afin de situer les responsabilités et de traduire les auteurs devant les juridictions compétentes.
L’exploitation aurifère clandestine dans le Haut-Ogooué n’est plus un simple fait divers économique. Elle révèle l’existence de circuits parallèles puissants, capables de capter des ressources stratégiques au détriment de l’État et des communautés. À l’heure où le Gabon affiche l’ambition de mieux valoriser ses richesses naturelles, la lutte contre l’or illégal s’impose comme un test grandeur nature de l’autorité publique, de la cohérence sécuritaire et de l’efficacité judiciaire.









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