Guinée Conakry : décès de Claude Pivi, un des auteurs des massacres de 2009
Le colonel Claude Pivi, figure centrale du procès des massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, est décédé. L’annonce officielle a été faite ce lundi 6 janvier 2026 par le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Ancien ministre chargé de la Sécurité présidentielle et bras droit de Moussa Dadis Camara durant la transition militaire de 2008-2009, Claude Pivi était considéré comme l’un des hommes les plus redoutés de l’appareil sécuritaire guinéen de l’époque. Son nom reste indissociable de la répression sanglante d’une manifestation pacifique organisée par les forces vives de la nation contre la candidature annoncée du chef de la junte à l’élection présidentielle.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juillet 2024 par la Cour criminelle de Dixinn, Claude Pivi avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité, notamment pour meurtres, viols, actes de torture et enlèvements. Il figurait parmi les principaux accusés aux côtés de l’ex-capitaine Moussa Dadis Camara et d’Aboubakar Sidiki Diakité, dit Toumba, ancien aide de camp présidentiel. Le procès historique avait permis d’établir les responsabilités individuelles et collectives dans les violences qui avaient choqué la Guinée et la communauté internationale.
Une fin de parcours marquée par la cavale et la maladie
Selon des informations relayées par Radio France Internationale (RFI), Claude Pivi souffrait de diabète. Après sa condamnation, il s’était évadé de manière spectaculaire de la maison centrale de Conakry avant d’être localisé et interpellé au Liberia, plusieurs mois plus tard. Toujours d’après RFI, le procureur général près la Cour d’appel de Conakry a indiqué que l’ancien colonel avait été admis en urgence dans un hôpital militaire à la suite de complications liées à sa maladie.
La disparition de Claude Pivi referme symboliquement l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire politique récente de la Guinée. Les massacres du 28 septembre 2009 avaient coûté la vie à au moins 156 personnes, selon les chiffres officiellement retenus par la justice guinéenne, tandis que des centaines d’autres avaient été blessées ou victimes de violences sexuelles. La Cour criminelle avait clairement établi le rôle actif de Claude Pivi dans la chaîne de commandement et dans l’exécution des exactions. Si sa mort ne saurait effacer les souffrances des victimes ni l’exigence de vérité, de justice et de réparation portée par les survivants et les organisations de défense des droits humains.









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