Guinée Conakry : 13 nouveaux médecins gabonais prêts à servir la Nation

En février 2026, la Faculté de médecine de l’Université Koffi Annan de Conakry a vu treize étudiants gabonais soutenir avec succès leur thèse de doctorat en médecine. Une nouvelle cuvée qui vient renforcer le vivier médical national, alors que la question de leur intégration dans la fonction publique demeure centrale.
La diaspora gabonaise en Guinée continue de porter ses fruits. Après neuf années d’études, treize étudiants gabonais ont officiellement décroché leur doctorat en médecine à Conakry, à l’issue de soutenances saluées par les jurys pour leur rigueur scientifique et leur excellence académique. Sur une promotion de 40 étudiants gabonais en instance de soutenance, cette première vague marque une étape significative. Elle illustre également la montée en puissance de la Guinée Conakry comme pôle académique d’excellence dans le domaine médical pour les étudiants gabonais.
Une diaspora académique structurée et engagée
Avec près de 250 étudiants gabonais inscrits dans les universités publiques et privées guinéennes, Conakry s’impose progressivement comme une destination stratégique. Conditions d’accueil abordables, cadre de vie stable et qualité des enseignements expliquent cet engouement. Reçus en décembre dernier par l’Ambassadeur du Gabon près la République de Guinée, en marge de la cérémonie d’investiture du président de la Ve République, Mamady Doumbouya, les nouveaux médecins ont pris un engagement clair : rentrer au Gabon pour servir. Ils entendent contribuer à la couverture sanitaire nationale et répondre aux besoins criants en ressources humaines médicales, notamment dans les zones sous-dotées.
Interrogé par notre rédaction, le nouvel Ambassadeur du Gabon en Guinée, Persis Lionel Essono Ondo, s’est félicité de la qualité de cette diaspora estudiantine. « Nous nous réjouissons de la qualité de la diaspora gabonaise de Guinée, majoritairement constituée d’étudiants dans des pôles de compétence à tension dont le pays a besoin (médecins, dentistes et ingénieurs). Notre mission aura, entre autres, pour objectif de structurer cette coopération académique afin d’intensifier les échanges d’enseignants et d’étudiants entre Libreville et Conakry », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette orientation répond aux instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et devrait se traduire par un accord bilatéral formel sous la supervision du ministère des Affaires étrangères.
Intégration dans la fonction publique : un enjeu décisif
Si la cuvée de Conakry pourrait, à terme, apporter plus de 40 médecins au système de santé gabonais, la question de leur intégration reste déterminante. Sur ce point, l’ambassadeur se veut rassurant. « Lors du séjour du Chef de l’État à Conakry en décembre, il nous a instruits de regrouper les étudiants en instance de soutenance par groupe de 20. Le premier groupe a fourni les dossiers pour une incorporation dans la santé militaire et l’autre groupe a choisi de rejoindre les effectifs du ministère de la Santé. (…) Aucun Gabonais de la diaspora qui décide librement de rentrer au pays ne sera laissé au bord du chemin », a-t-il martelé.
Les dossiers transmis aux autorités compétentes à Libreville feraient actuellement l’objet d’un examen graduel. La liste des nouveaux médecins gabonais diplômés en février 2026 est composée de : Medza Judexie Me Mve, Bella Ovono Orchidéa, Nelly Eyeang Edou, Line Sonia Mangakou Tchami, Yvan Minko Mi Nguema, Doris Obele Ozoume, Thomasine Wani Mvuh, Merlio Guiaba Gahou, Alfred Eyi Eyi, Boto Moussriatou, Jordi Mavioga Mouyama, Leodrience Moussavou Moussounda et Dupleix Ndoutoum.
Dans un contexte où l’accès aux soins reste inégal selon les régions, l’arrivée progressive de ces jeunes praticiens représente un enjeu stratégique. Reste désormais à transformer cette réussite académique en levier concret pour le système de santé national. Car au-delà des diplômes, c’est la capacité du pays à absorber, intégrer et déployer ces compétences qui déterminera l’impact réel de cette nouvelle génération de médecins sur le terrain.










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