Derniers articlesSOCIETE

Grève des enseignants : les parents d’élèves assument le choix de la solidarité

Ecouter l'article

Alors que la crise éducative se prolonge depuis la reprise des cours, la Coordination des associations des parents d’élèves du Gabon (Capeg) a tranché. Réunie en assemblée générale samedi à Libreville, l’organisation a annoncé que les élèves resteront à la maison tant qu’une issue durable ne sera pas trouvée au mouvement de grève des enseignants. Une position assumée, au nom de l’intérêt supérieur de l’école gabonaise.

La crise qui secoue le système éducatif gabonais vient de franchir un nouveau palier. À l’issue de son assemblée générale, la Coordination des associations des parents d’élèves du Gabon a officiellement exprimé son soutien au corps enseignant en grève. Par la voix de son secrétaire provincial de l’Estuaire, Roosevelt Menda, la Capeg a affirmé que les parents acceptent de garder les enfants à domicile tant que les revendications des enseignants ne seront pas satisfaites.

Cette prise de position, loin d’être anodine, traduit une lassitude croissante face à une crise qualifiée de « répétitive » par les parents eux-mêmes. Pour la Capeg, l’école gabonaise ne peut continuer à fonctionner par à-coups, au gré de conflits non résolus, au détriment des élèves.

Une responsabilité clairement renvoyée à l’État

Pour les parents d’élèves, le diagnostic est clair : c’est à l’État qu’il revient de mettre un terme à cette crise structurelle. « Notre position est claire : des solutions doivent être apportées pour que la sérénité revienne dans la maison Éducation », a déclaré Roosevelt Menda, appelant directement le président de la République, chef de l’État et du gouvernement, à se saisir du dossier.

Selon la Capeg, la qualité de l’éducation ne saurait être dissociée des conditions de vie et de travail des enseignants. Un meilleur encadrement pédagogique suppose, en amont, des enseignants bénéficiant d’un minimum de bien-être social et professionnel. D’où l’adhésion assumée des parents au combat des « soldats de la craie ».

L’intérêt de l’élève au cœur du plaidoyer

Consciente des désagréments immédiats pour les familles, la Capeg inscrit néanmoins sa position dans une perspective de long terme. « Penser au bien-être de ces soldats de la craie, c’est programmer l’avenir de nos enfants dont ils sont les architectes », a insisté Roosevelt Menda, invitant l’ensemble des parents à faire preuve de compréhension et de solidarité.

Dans un contexte national marqué par des attentes fortes en matière d’éducation, cette sortie des parents d’élèves accentue la pression sur les autorités. Elle rappelle surtout une réalité souvent occultée : sans enseignants reconnus, motivés et soutenus, aucune réforme éducative ne peut produire d’effets durables. Pour la Capeg, la balle est désormais clairement dans le camp de l’État.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page