Grève des enseignants : les établissements catholiques à leur tour paralysé à Libreville ?
La grève observée depuis la reprise des cours dans l’enseignement public gabonais semble désormais gagner les établissements confessionnels, notamment catholiques, à Libreville. Une situation inédite qui perturbe le calendrier scolaire et interroge sur l’ampleur réelle de la crise éducative.
Depuis le lundi 5 janvier 2026, date officielle de la reprise des cours après les congés de Noël, les enseignants du secteur public gabonais observent un mouvement de grève marqué par une présence passive dans les établissements, sans dispense effective des enseignements. Un mouvement qui, contre toute attente, s’étend désormais à l’enseignement catholique, historiquement peu enclin aux grèves.
Des établissements catholiques contraints de suspendre les cours
À Libreville, plusieurs établissements catholiques ont été contraints de renvoyer leurs élèves chez eux. Après le collège Bessieux et l’Immaculée Conception, le collège-lycée Calasanz a à son tour suspendu les cours, invoquant l’absence d’enseignants ou l’impossibilité de garantir la sécurité des apprenants.
Officiellement, certaines directions avancent l’argument du mouvement de grève observé par les enseignants depuis le 5 janvier. D’autres évoquent des contraintes organisationnelles liées à l’encadrement des élèves, préférant demander aux parents de garder leurs enfants à domicile.
Une dépendance structurelle aux enseignants fonctionnaires
Si l’enseignement catholique bénéficie d’une réputation de stabilité, il n’échappe pas à une réalité structurelle : une large part de son corps enseignant est composée de fonctionnaires mis à disposition et de stagiaires issus du secteur public. À cela s’ajoutent quelques vacataires, en nombre insuffisant pour assurer la continuité pédagogique.
Ce sont précisément ces enseignants, affectés par des décennies de promesses non tenues en matière de situation administrative et de conditions de travail, qui participent activement aux assemblées générales syndicales et portent les revendications les plus fermes.
Vers une reprise des cours sous condition
Selon plusieurs sources, d’autres établissements catholiques seraient également sur le point de suspendre leurs activités si aucune évolution n’intervient dans les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Tous espèrent toutefois une reprise effective des cours à compter du lundi 12 janvier prochain.
Mais cette perspective reste suspendue à l’issue des négociations en cours. Après le secteur public, l’extension du mouvement à l’enseignement confessionnel confirme que la crise éducative actuelle dépasse les clivages institutionnels et pose, une fois de plus, la question de la gestion durable du système éducatif gabonais.









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