Grève dans l’éducation : le temps du compromis pour ne pas sacrifier une génération
La poursuite de la grève par SOS Éducation « la base » intervient alors que le gouvernement multiplie les gestes d’apaisement et engage des régularisations concrètes. Si les revendications demeurent légitimes, l’enlisement du mouvement fait peser un risque majeur sur les élèves et, par ricochet, sur l’avenir du pays. À force de tirer sur la corde, l’école gabonaise pourrait en sortir perdante.
Dans le cadre de la volonté présidentielle de privilégier le dialogue inclusif, le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, avait reçu les représentants de SOS Éducation à son cabinet, le lundi 26 janvier dernier. La rencontre s’était tenue en présence de la ministre d’État à l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, de la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, et du ministre délégué à l’Économie chargé du Budget, Marc Abeghe.
Cette séquence s’inscrivait dans l’orientation impulsée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait du dialogue un levier central de sortie de crise.
Des avancées actées, des marges contraintes
Au cours des échanges, le gouvernement avait rappelé les mesures déjà engagées par la commission tripartite, avec des résultats tangibles : 328 sortants ENSET et ENS mis en solde (60 % des dossiers) ; 692 sortants ENIF et ENIL mis en présalaire (100 %) ; 1 810 enseignants bénévoles mis en présalaire (100 %) ; 4 000 régularisations administratives effectuées sur 6 574 dossiers (60,85 %).
Ces avancées ont été reconnues par les représentants syndicaux, qui ont toutefois demandé un effort supplémentaire. Le gouvernement, pour sa part, a rappelé la contrainte budgétaire et la nécessité d’un échelonnement des régularisations, avec un premier point d’étape fixé fin février.
“La base” persiste, le risque s’installe
Né d’une rupture initiale dans les négociations, SOS Éducation « la base » a choisi ce samedi 31 janvier de maintenir la grève malgré l’intégration à la commission tripartite. Une posture de fermeté qui, si elle vise à peser sur les discussions, comporte un coût social élevé.
« Il est attendu qu’à l’issue de ce travail, nous fassions un point de situation pour apprécier si les propositions mises sur la table répondent aux attentes », avait indiqué Hermann Immongault, appelant à une évaluation responsable des progrès réalisés.
L’intérêt supérieur des élèves en ligne de mire
À ce stade, la question n’est plus seulement celle des revendications, légitimes, mais celle de l’intérêt supérieur des élèves. Chaque semaine de grève prolongée accentue les retards pédagogiques, fragilise les examens à venir et creuse les inégalités. Les premiers perdants sont les apprenants, puis, à moyen terme, le capital humain du pays.
Le gouvernement a fait des efforts. Ils sont perfectibles, mais réels. En retour, un geste d’apaisement du côté des enseignants apparaît désormais nécessaire pour éviter l’escalade. Le compromis n’efface pas les revendications ; il préserve l’essentiel.
Eviter l’épreuve de force !
La sortie de crise passe par un équilibre : poursuivre les régularisations promises, améliorer le calendrier, mais rétablir progressivement les cours. L’école ne peut être l’otage d’une épreuve de force prolongée. À force de tirer sur la corde, rien de bon n’en sortira — surtout pas pour les élèves, ni pour l’avenir du Gabon.









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