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Grève à l’Education nationale : l’État dévoile ses mesures et fixe un calendrier de mise en oeuvre 

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Après 27 jours de paralysie dans plusieurs établissements publics et confessionnels, le gouvernement annonce une série de mesures chiffrées et un calendrier d’exécution dès fin février 2026. Commission tripartite, pilotage politique assumé et régularisations administratives massives : l’exécutif entend démontrer qu’il est passé de la négociation aux actes.

Après près d’un mois de grève dans l’éducation nationale, l’État sort du registre des intentions pour entrer dans celui de l’opérationnel. Sur instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, une commission interministérielle tripartite a été mise en place afin de traiter, de manière concertée, les revendications administratives, financières et professionnelles portées par les enseignants.

Une coordination politique assumée

Cette commission associe les départements de la Fonction publique, de l’Éducation nationale et du Budget, ainsi que les partenaires sociaux. Objectif affiché : assainir des situations administratives gelées depuis des années et apporter des réponses graduées, soutenables budgétairement, à une crise devenue structurelle.

La conduite des travaux a été confiée au Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, dont la centralité dans le pilotage traduit la volonté de l’exécutif de hisser le dossier éducatif au rang de priorité gouvernementale. Les échanges ont permis de baliser un cadre de concertation formel, assorti d’engagements chiffrés et d’un échéancier précis.

Au cœur des discussions, un cahier de charges largement orienté vers la régularisation des carrières : mises en solde, intégrations, pré-salaires, paiement des vacations et amélioration des conditions de travail. Une approche qui rompt avec les traitements au cas par cas et assume une réponse de masse.

Des chiffres et un calendrier

Le gouvernement avance désormais des données vérifiables. Sont concernés : la mise en solde de 328 enseignants issus de l’ENS et de l’ENSET ; la mise en pré-salaire de 692 enseignants sortants de l’ENIL et de l’ENIF ; 108 enseignants des matières scientifiques ; 1 810 anciens bénévoles appelés à intégrer le dispositif ; ainsi que la régularisation de 4 000 situations administratives.

Conformément au protocole d’accord, la mise en œuvre débutera à partir de la fin février 2026, avec un déploiement progressif. L’exécutif annonce par ailleurs l’extension du mécanisme à 12 000 agents publics sur l’année 2026, incluant 2 000 agents du secteur Santé et 6 000 pour d’autres départements ministériels.

De la promesse à l’exécution

Dans un contexte de défiance sociale, l’État assume un discours de responsabilité. Il rappelle que la levée du gel administratif, décidée au plus haut niveau, met fin à une décennie d’immobilisme et ouvre des perspectives nouvelles pour les carrières publiques. Une décision qualifiée de « courageuse » par l’exécutif, tant ses implications financières sont lourdes.

Reste la question de l’adhésion. Malgré les annonces, une partie des enseignants poursuit le mouvement. Le gouvernement, chiffres à l’appui, souligne qu’ un peu plus de 900 grévistes demeurent mobilisés sur 27 000 agents que compte le ministère. Un rappel destiné à repositionner le débat entre avancées concrètes et poursuite de la contestation.

En dévoilant des mesures chiffrées, un calendrier et un pilotage politique clair, l’État tente de prouver sa capacité à structurer une réponse administrative massive à une crise ancienne. La crédibilité de cette stratégie se jouera désormais sur l’exécution, dès la fin février, et sur la capacité à transformer l’apaisement annoncé en reprise effective des cours.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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