Grève à Gabon 1ère et Radio Gabon : Germain Biahodjow joue la carte du dialogue
Le bras de fer engagé depuis jeudi entre le Syndicat des professionnels de la communication (SYPROCOM) et l’administration des médias publics place le ministère de la Communication sous forte pression. Face à la paralysie de Gabon 1ère, Radio Gabon et de Télédiffusion du Gabon, le ministre Germain Biahodjow assure être pleinement mobilisé pour arracher une issue rapide à la crise.
Vendredi 24 janvier 2026, lors d’un plateau spécial diffusé sur Gabon 1ère, pourtant affectée par la grève, le membre du gouvernement a affirmé « se battre très dur » pour trouver des solutions concrètes aux revendications portées par les journalistes et techniciens en arrêt de travail. Une sortie médiatique qui se voulait à la fois pédagogique et rassurante, dans un contexte de lassitude sociale manifeste.
Un cahier de charges ancien, des attentes intactes
À l’origine du mouvement, le SYPROCOM dit être arrivé à bout de patience après des années d’attente. Le syndicat réclame notamment la régularisation des situations administratives, l’amélioration des conditions de travail et la mise en œuvre effective d’engagements antérieurs restés, selon lui, lettre morte. Autant de doléances récurrentes qui traduisent les fragilités structurelles de l’audiovisuel public gabonais.
Conscient de l’ampleur du malaise, Germain Biahodjow a réaffirmé sa disponibilité à rencontrer les partenaires sociaux et à relancer sans délai les discussions. « Nous avons pris acte des préoccupations exprimées », a-t-il indiqué, soulignant que le dialogue demeure, à ses yeux, la seule voie crédible pour sortir durablement de l’impasse.
Refonder l’audiovisuel public, au-delà de la crise
Au-delà des revendications immédiates, le ministre a insisté sur les enjeux de fond. Modernisation des équipements, renforcement des compétences des agents, redéfinition du modèle économique de Gabon Télévisions : autant de chantiers qu’il estime incontournables pour garantir la pérennité du service public de l’information. La Maison Georges Rawiri, a-t-il rappelé, doit rester « un symbole de souveraineté médiatique », capable d’incarner à la fois l’excellence, l’innovation et la crédibilité de l’État.
Dans cette optique, la crise actuelle est présentée comme une opportunité. Une occasion, selon le ministre, de refonder durablement l’audiovisuel national et de retisser un contrat moral entre l’État et ses communicateurs, trop souvent relégués au second plan des priorités publiques.
Un service minimum pour respecter la loi
Concrètement, la grève touche Gabon 1ère, Radio Gabon et Télédiffusion du Gabon. En revanche, Gabon 24 et l’Agence gabonaise de presse (AGP) ne sont pas concernées par le mouvement. Conformément au Code du travail, un service minimum a été instauré, avec la diffusion quotidienne d’un journal réduit à dix minutes.
Reste désormais à savoir si les discussions annoncées permettront de transformer cette crise en véritable tournant pour les médias publics. À défaut, le risque est grand de voir s’installer une défiance durable entre l’État et un secteur pourtant stratégique pour la démocratie et l’information des citoyens.









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