Gabon : YouTube et TikTok, pas concernées par les restrictions, selon Mélodie Sambat

La déclaration a surpris, tant par son assurance que par le décalage qu’elle semble entretenir avec la situation observée sur le terrain. Interrogée par le média français TV5 Monde, la porte-parole adjointe de la présidence de la République, Mélodie Sambat, a tenu à circonscrire la portée de la décision de la Haute autorité de la communication (HAC) suspendant les réseaux sociaux. Selon elle, la mesure ne viserait que « les plateformes du groupe Meta », à savoir Facebook, Instagram et WhatsApp, excluant explicitement toute coupure d’internet ou toute restriction généralisée des plateformes numériques au Gabon.
Pourtant, à Libreville, la réalité vécue par les usagers du numérique raconte une tout autre histoire. Gabon Media Time a recueilli les témoignages de plusieurs influenceurs, créateurs de contenus, vidéastes et simples citoyens, unanimes dans leur constat : l’accès à YouTube et TikTok est également perturbé, voire impossible sans recours à des outils de contournement. « Nous n’avons ni YouTube, ni TikTok », affirment-ils, en contradiction directe avec les propos tenus par la porte-parole, qui déclarait pourtant sans ambiguïté « Il s’agit d’une suspension des plateformes du groupe Meta, pas de toutes les plateformes numériques au Gabon ni d’une coupure d’internet »
Une parole officielle démentie par les usages
Dans la rue, la démonstration était parfois immédiate, Smartphones à l’appui. Certains Gabonais montrent qu’il leur faut activer un VPN pour accéder à TikTok ou à YouTube, deux plateformes pourtant absentes de la liste officielle évoquée par les autorités. Cette situation alimente l’incompréhension et fragilise davantage la crédibilité de la communication gouvernementale. Pour de nombreux acteurs du numérique, la distinction opérée par la présidence apparaît théorique, tant les restrictions affectent concrètement un écosystème plus large que celui du seul groupe Meta.
Dès lors, une question centrale se pose, s’agit-il d’une confusion technique dans l’application de la décision de la HAC ou d’une tentative de minimiser l’ampleur réelle des restrictions ? Le fait que TikTok, propriété d’un groupe chinois, et YouTube, filiale de Google, soient également impactés, renforce le malaise. À l’heure où des milliers de Gabonais dépendent de ces plateformes pour travailler, s’informer ou créer, les autorités sont désormais attendues sur un éclaircissement précis et cohérent, afin de mettre fin à ce flou institutionnel aux conséquences bien réelles.








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