Gabon : visites de terrain, Oligui Nguema impose une gouvernance par le contrôle
En multipliant les descentes sur le terrain, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, imprime un style de gouvernance résolument tourné vers le contrôle direct de l’action publique. Une méthode qui tranche avec les pratiques antérieures et qui place l’exécution des projets au cœur de l’autorité présidentielle.
Depuis la Transition, et plus encore avec l’entrée dans la Cinquième République, les visites de chantiers se sont imposées comme un marqueur fort du pouvoir exécutif. Qu’il s’agisse d’infrastructures scolaires, sanitaires, sécuritaires ou de logements, le Chef de l’État choisit d’aller constater par lui-même l’état d’avancement des projets engagés. Cette présence physique n’est pas anodine : elle traduit une volonté claire de rompre avec la gouvernance à distance, souvent critiquée pour son laxisme et son manque de suivi.
La culture du résultat comme boussole
Derrière ces inspections, un message revient avec constance : les projets doivent être livrés, dans les délais et conformément aux standards annoncés. La logique n’est plus celle de la simple annonce politique, mais celle du résultat mesurable. En se rendant sur les chantiers, le Président confronte les engagements aux réalités du terrain, exige des explications et rappelle les responsabilités de chacun.
Cette méthode exerce une pression directe sur les maîtres d’ouvrage, les entreprises adjudicataires et les administrations sectorielles. Retards, malfaçons ou abandons ne peuvent plus être dissimulés derrière des rapports administratifs. La reddition de comptes devient immédiate, visible et, surtout, politique.
Un signal fort à l’appareil d’État
Au-delà des chantiers eux-mêmes, cette gouvernance par le contrôle envoie un signal clair à l’ensemble de l’appareil public : l’ère de l’impunité administrative est révolue. Chaque projet engage désormais la crédibilité de l’État et, par ricochet, celle de ses responsables.
En inscrivant l’action publique dans une logique de suivi permanent, Oligui Nguema cherche à restaurer la confiance des citoyens, souvent échaudés par des promesses non tenues. Reste un enjeu central pour 2026 : transformer cette impulsion présidentielle en une culture durable de performance au sein de l’administration. Car si le contrôle impulse la discipline, seule l’institutionnalisation des bonnes pratiques garantira, sur le long terme, l’efficacité de l’État.








GMT TV
[youtube-feed feed=2]