Gabon : vers une brigade conjointe AGASA–DGCCRF–Mairie
Contrôles multiples, interlocuteurs concurrents, inspections redondantes : la sécurité sanitaire des aliments au Gabon souffre depuis des années d’un enchevêtrement de compétences entre la mairie, la DGCCRF et l’AGASA. Un dysfonctionnement désormais assumé par les autorités, qui annoncent, sur instruction du chef de l’État, la mise en place d’opérations conjointes et complémentaires pour mettre fin à la cacophonie administrative.
Un diagnostic enfin posé. Le constat n’est plus tabou. Lors de ses récentes prises de parole, le directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) reconnaît l’existence de chevauchements persistants avec la mairie et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). À l’origine du problème : l’absence d’abrogation ou d’actualisation des textes antérieurs à la création de l’AGASA, laissant chaque administration revendiquer, en toute légalité, un droit de regard sur les mêmes activités.
Résultat : des contrôles à répétition pour les opérateurs économiques, des exigences parfois contradictoires, et un sentiment d’arbitraire qui alimente la défiance. « Trop de contrôles, trop d’interlocuteurs », résument de nombreux commerçants, confrontés à une bureaucratie fragmentée.
L’”injonction” présidentielle comme déclencheur
Face à cette situation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a donné une instruction claire : réunir autour de la table l’ensemble des acteurs du contrôle alimentaire afin d’organiser la complémentarité des missions. L’objectif est double : réduire les chevauchements et renforcer l’efficacité des interventions.
Concrètement, il s’agit de passer d’actions isolées à des descentes conjointes sur le terrain, où chaque administration interviendrait dans son champ de compétence précis. À l’AGASA, la qualité sanitaire des aliments ; à la DGCCRF, la concurrence, les prix et la protection du consommateur ; à la mairie, l’hygiène et la police administrative locale.
Des brigades conjointes pour apaiser le climat des affaires
La perspective de brigades conjointes est perçue comme une avancée institutionnelle majeure. Elle promet une meilleure lisibilité de l’action publique, une réduction des coûts administratifs et un climat des affaires plus serein. Pour les autorités, cette coordination renforcée doit aussi permettre de concentrer les ressources sur la prévention des risques sanitaires réels, plutôt que sur la multiplication des contrôles.
Reste toutefois à traduire cette volonté politique en actes durables. La réussite de la réforme dépendra de l’actualisation des textes, de la formation des agents et d’un pilotage ferme pour éviter le retour aux pratiques anciennes. À terme, c’est la crédibilité de l’État régulateur qui est en jeu, autant que la confiance des opérateurs et la protection des consommateurs gabonais.








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