À Libreville, le séminaire national sur l’éthique médicale, ouvert ce lundi 30 mars 2026, marque un tournant historique. En effet, au terme de cette rencontre plusieurs recommandations ont été formulées dont la plus énigmatique est l’évaluation du personnel des hôpitaux publics par les usagers eux-mêmes, plaçant l’accueil au cœur de la performance hospitalière.
C’est une petite révolution dans les couloirs des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) du Gabon. Longtemps critiquée pour la rudesse de ses accueils, l’administration sanitaire a décidé de réagir de manière forte. Sous l’impulsion du vice-président du gouvernement, Herman Immongault, et de la ministre de la Santé, le Pr. Elsa Joséphine Nkana Ayo, le pays engage une transformation profonde de son système de soins.
L’accueil : un acte thérapeutique à part entière
La mesure phare de ce séminaire est sans équivoque : l’introduction d’un mécanisme de notation et de plainte transparent pour les patients. Ces derniers ne seront plus de simples bénéficiaires passifs, mais des acteurs de l’évaluation du personnel soignant. L’objectif est clair : mettre fin aux « comportements désagréables » et humaniser la prise en charge.
Pour la ministre de la Santé, la qualité de l’accueil n’est pas une option. Un sourire ou une explication claire peuvent, selon ses mots, « transformer une prestation médicale en véritable accompagnement thérapeutique ». Cette vision est soutenue par l’OMS, dont le représentant au Gabon a rappelé que la confiance initiale du patient booste l’observance du traitement de 30 à 40 %.
Une feuille de route contraignante
Cette réforme ne restera pas une simple déclaration d’intention. Elle s’inscrit dans une feuille de route contraignante incluant des indicateurs mesurables. Pour les professionnels de santé, cette pression nouvelle vise à renforcer la responsabilité individuelle. La qualité et la dignité deviennent des « exigences non négociables » sur l’ensemble du territoire.
En intégrant l’avis du citoyen dans le suivi de carrière des agents, le gouvernement espère restaurer le lien de confiance entre la population et ses hôpitaux. Ce « moment de vérité » impose désormais aux soignants de placer l’humain au centre de chaque acte, du premier regard à la sortie du patient. Le message est passé : à l’hôpital, l’excellence médicale ne suffira plus si elle n’est pas accompagnée d’un respect absolu de la personne.









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