Gabon : vers la création d’une Agence nationale de recouvrement des avoirs criminels
Le système judiciaire gabonais s’apprête à muscler son arsenal contre la délinquance financière. La deuxième conférence des parquetiers du ressort de la Cour d’appel judiciaire de Libreville a clos ses travaux ce samedi 4 avril. Selon l’Agence gabonaise de presse (AGP), cette rencontre de haut niveau a débouché sur une recommandation phare : la création d’une Agence nationale de recouvrement des avoirs criminels.
Présidée par le secrétaire général de la Chancellerie, Jacques Lebama, en présence du procureur général Dr Eddy Minang, cette session a réuni un panel prestigieux d’experts gabonais, de la sous-région et de France. Officiers de police judiciaire, magistrats et spécialistes de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) ont planché durant deux jours sur les mécanismes permettant de priver les criminels du produit de leurs forfaits.
Renforcer les pouvoirs du parquet
Au-delà de la création d’une agence spécialisée, les participants ont plaidé pour un élargissement significatif du champ d’action du procureur de la République. L’objectif est de lui accorder tous les leviers nécessaires pour mener des enquêtes approfondies sur les avoirs illicites.
Comme le rapporte l’AGP, l’harmonisation des textes nationaux avec les standards internationaux est également une priorité. Il s’agit d’aligner le droit gabonais sur les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) et du GABAC (Afrique centrale) afin de lutter plus efficacement contre le blanchiment d’argent.
Un engagement vers la mise en œuvre
Le rapporteur de la conférence, Roger Darnel Nguema Ondo, a précisé que les échanges ont permis de passer en revue le cadre juridique actuel et d’identifier les freins au recouvrement effectif des biens. Face à ces constats, le Secrétaire général de la Chancellerie s’est montré résolu. « Ces recommandations feront l’objet d’une mise en œuvre progressive », a assuré Jacques Lebama, saluant la qualité de ce partage d’expériences.
En clôturant cette édition, les autorités judiciaires posent les jalons d’une gouvernance plus agile et répressive face à la criminalité économique. Le rendez-vous est déjà pris pour une troisième édition qui devra évaluer les progrès de cette réforme majeure.









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