Gabon : vers des déguerpissements ciblés dans les logements publics en ruine

Le gouvernement envisage des opérations de déguerpissement dans plusieurs logements de l’État en état de dégradation avancée à Libreville. Objectif affiché : réhabiliter et moderniser ces infrastructures pour les rendre plus salubres, à l’image du camp de police d’Akeridjogomi déjà rénové.
Le dossier des logements publics vétustes revient au centre des priorités gouvernementales. Face à l’état de délabrement avancé de certaines résidences administratives, l’exécutif prépare une vaste opération de restructuration urbaine.
Selon les orientations annoncées, il ne s’agit pas uniquement de libérer des bâtiments occupés, mais de repenser ces espaces afin de les moderniser et de les adapter aux standards actuels de salubrité et de sécurité.
Des sites emblématiques ciblés
Plusieurs zones stratégiques sont concernées. Parmi elles, la cité des enseignants située en face de l’Université Omar Bongo, l’immeuble Gabon 2000, les 90 logements ainsi qu’un bâtiment localisé en face de la CNAMGS au quartier Montagne Sainte, dans le 3ᵉ arrondissement de Libreville.
Ces infrastructures, pour certaines construites il y a plusieurs décennies, présentent aujourd’hui des signes évidents de vétusté : fissures, réseaux défaillants, insalubrité et risques sécuritaires. Le gouvernement affirme vouloir reproduire le modèle appliqué au camp de police d’Akeridjogomi, où une réhabilitation complète a permis d’améliorer significativement les conditions de vie des occupants.
Modernisation ou tension sociale ?
Si l’objectif de modernisation est assumé, la perspective de déguerpissements soulève déjà des interrogations. Quelles garanties seront offertes aux occupants actuels ? Un plan de relogement est-il prévu ? À quel horizon les travaux débuteront-ils ?
La question est sensible, notamment pour les enseignants concernés par les résidences situées à proximité de l’Université Omar Bongo. Au-delà de l’aspect technique, le défi sera social et politique. Moderniser sans fragiliser, réhabiliter sans créer de nouvelles tensions.
Un chantier urbain structurant
Cette opération s’inscrit dans une volonté plus large de rationalisation du patrimoine immobilier public. L’État cherche à valoriser ses actifs, sécuriser ses infrastructures et améliorer l’image urbaine de certains quartiers stratégiques.
Reste désormais à préciser le calendrier, les modalités d’accompagnement des occupants et le financement des travaux. Entre nécessité de rénovation et impératif social, le gouvernement joue une séquence délicate. La réussite de ces opérations dépendra autant de la qualité des travaux que de la gestion humaine du processus.








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