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Gabon : un pays riche dirigé par une élite en manque de justice sociale ? 

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Quand la bonne foi affichée masque une cruauté silencieuse. À chaque élection, le discours est le même : les candidats se présentent comme des hommes de bonne foi, des femmes de gentillesse, des êtres empathiques venus servir leurs prochains. Ils promettent la paix, la justice, l’équité, le vivre-ensemble, comme si ces mots suffisaient à panser les blessures profondes de la Nation.

Mais la question essentielle demeure : Dieu nous a-t-il mis au monde pour vivre ou pour survivre ? Dans un pays aussi riche que le Gabon, comment expliquer que certains cumulent des milliards pendant que d’autres n’ont même pas de quoi s’acheter un repas décent ? Comment admettre que, dans un territoire béni de pétrole, de manganèse, d’or, de forêts, de mers et de ressources rares, la majorité de la population vit dans l’angoisse du lendemain ?

Un pays où il y a tout, mais où un petit groupe prend tout



C’est pourquoi, lorsqu’un Gabonais murmure : « Si quelqu’un venait à dire que le Gabon est le berceau de la cruauté, ce ne serait que pure vérité », il ne parle pas par excès. Il parle par expérience. Le Gabon n’est pas un pays pauvre. Le Gabon est un pays pillé. Pillé par ses propres fils qui s’attribuent des milliards en guise de taxi quand des élèves parcourent encore des kilomètres pour rallier leurs établissements, sans latrines, sans tables-bancs, et pour certains sans enseignants.

Détourné. Confisqué. Privatisé par une minorité qui a transformé l’État en patrimoine privé. Nous vivons dans une nation où tout le monde pourrait vivre décemment, mais où certains ont décidé que seuls eux doivent vivre décemment. Résultat : «On a 1% de Gabonais qui se partagent 99% des richesses et 99% de Gabonais qui se disputent 1% des miettes. »
Cette vérité n’est plus une critique. C’est une photographie. Un diagnostic social. Un miroir devant lequel la classe politique gabonaise refuse de se regarder.

Les membres de la classe politique : entre duplicité et indifférence

Le drame du Gabon, ce n’est pas seulement la captation des richesses. C’est l’hypocrisie de ceux qui mentent à Dieu, au peuple et à leur propre conscience. Ils disent aimer le peuple mais méprisent sa souffrance. Ils disent défendre la République mais utilisent leurs positions pour renforcer leurs privilèges. Ils parlent d’unité mais nient l’égalité. Ils appellent à la paix mais sèment la faim. Ils promettent la justice mais distribuent l’injustice comme monnaie politique.

La plupart agissent comme si le pouvoir était un droit de naissance, pas une responsabilité sacrée. Comme si la politique était un buffet ouvert, pas un engagement moral. Comme si l’État appartenait à un clan, pas à la nation. Et pendant ce temps, le peuple — oui, ce peuple condamné à survivre — attend que les promesses deviennent réalité, que la politique redevienne service, que le pays cesse d’être une jungle où les plus forts dévorent les autres.

Vivre ou survivre : le Gabon doit choisir

Nous avons deux options : continuer de survivre dans la cruauté institutionnalisée, ou choisir de vivre enfin, dignement, humainement, collectivement. Le Gabon ne manque pas de ressources. Il manque de justice sociale. Il manque de courage politique. Il manque d’élites capables d’aimer leur peuple plus qu’eux-mêmes.

Le jour où la politique deviendra sincère, le pays cessera d’être une arène pour redevenir une nation. Parce qu’un pays ne se construit pas avec 1% de privilégiés. Il se construit avec 100% de citoyens.

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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