Gabon : un gouvernement de 29 membres pour tourner la page électorale
Avec la nomination d’un gouvernement de 29 membres, dont 28 ministres et un ministre délégué, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a voulu imprimer une rupture nette avec les logiques politiques du passé. Équipe rationalisée, profils technocratiques, ouverture territoriale et générationnelle : l’exécutif entre dans une phase où seule la performance est attendue.
La composition du nouveau gouvernement marque d’abord un choix assumé de sobriété institutionnelle. En limitant l’équipe à 29 membres, le chef de l’État envoie un signal clair : réduire les charges de l’État et concentrer l’action publique sur l’essentiel. Cette logique de rationalisation, selon l’exécutif, devra d’ailleurs s’étendre aux cabinets ministériels, avec une réduction du nombre de conseillers et une organisation conforme aux textes en vigueur.
Une équipe fondée sur la géo-compétence
Au-delà des chiffres, c’est la philosophie de la composition gouvernementale qui retient l’attention. Le principe de géo-compétence a été privilégié : équilibre territorial, diversité des origines et primauté des parcours professionnels sur les appartenances partisanes. Le gouvernement se veut minoritaire et non idéologique, sélectionné avant tout pour la capacité des ministres à produire des résultats mesurables.
La coordination gouvernementale confiée à un ressortissant de l’Ogooué-Lolo constitue, à cet égard, un signal politique fort. Elle traduit une volonté d’inclusion nationale et de reconnaissance de toutes les composantes du pays dans la conduite des affaires publiques.
Femmes, jeunesse et diaspora au cœur de la nouvelle dynamique
La représentativité féminine progresse sensiblement, avec dix femmes au sein du gouvernement, dont deux nommées ministres d’État. Un choix qui répond à une attente sociale forte et confirme l’engagement présidentiel en faveur d’une gouvernance plus inclusive.
Autre marqueur important : l’entrée de jeunes profils et de membres issus de la diaspora. Cette ouverture vise à mobiliser l’ensemble des compétences nationales, qu’elles soient formées au Gabon ou à l’étranger, et à injecter de nouvelles méthodes de travail dans l’action publique. L’exécutif parie ainsi sur une administration plus moderne, plus agile et davantage connectée aux standards internationaux.
Un message politique sans ambiguïté
Le chef de l’État a voulu rompre avec certaines traditions établies, notamment sur des choix jugés sensibles par l’opinion. Sur des dossiers emblématiques, il a tenu compte des attentes exprimées par les Gabonais, intégrant l’expression de l’opinion nationale dans ses arbitrages. Une manière de rappeler que la transition institutionnelle s’inscrit aussi dans une écoute active de la société.
Lors de son discours à la Nation du 31 décembre, suivi dès le 1er janvier par la publication de la composition gouvernementale, le président a respecté le chronogramme annoncé. Fidèle à son profil d’homme d’action, il a rapidement mis en place l’équipe chargée d’engager la nouvelle phase.
L’heure des résultats
Le message adressé à la classe politique comme à l’administration est limpide : l’élection est terminée, le temps du débat électoral est clos. Désormais, seule compte l’action. Les valeurs cardinales rappelées par le chef de l’État — éthique, déontologie, respect de l’État et professionnalisme — serviront de boussole à l’évaluation des ministres.
Le pays attend beaucoup de cette équipe. Dans un contexte économique et social exigeant, ce gouvernement est appelé à transformer les promesses en politiques publiques efficaces. La République se met au travail, et le verdict sera celui des résultats.








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