Gabon : transmission de 943 fiches bleues aux enseignants de l’enseignement confessionnel
Après des semaines de crispations dans le secteur éducatif, l’État a franchi une étape attendue avec la transmission de 943 fiches bleues au bénéfice des enseignants de l’enseignement confessionnel. Réunie le 31 janvier 2026 sous la présidence de la ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq, la séance du Comité Technique Tripartite relance le dialogue social. Reste à savoir si ce geste marque une normalisation durable ou une décrispation tactique.
Le climat social dans l’éducation gabonaise a été éprouvé par une succession de revendications liées aux statuts, aux rappels administratifs et aux retards de traitement. Dans ce contexte, la réunion du Comité Technique Tripartite, associant l’État, les partenaires sociaux et les acteurs éducatifs, était scrutée comme un test de crédibilité. La remise de 943 fiches bleues constitue le signal le plus concret à ce stade.
Le Comité Technique Tripartite, pivot du dialogue social
Outil de médiation, le Comité Technique Tripartite s’impose comme l’espace de régulation entre l’administration, les syndicats et les établissements. Sa mission : objectiver les dossiers, prioriser les urgences et sécuriser les décisions. La présence des partenaires techniques, dont l’UNESCO via UNESCO, a renforcé la dimension méthodologique des échanges, en liant apaisement social et continuité pédagogique.
La réunion a permis un point d’étape sur l’avancement des travaux, mettant en lumière des progrès réels, mais aussi des goulots d’étranglement persistants. L’État a insisté sur la nécessité d’un traitement ordonné, fondé sur des critères vérifiables, pour éviter les erreurs du passé.
943 fiches bleues : un signal politique fort
La transmission des 943 fiches bleues en faveur des enseignants confessionnels marque une reconnaissance administrative longtemps attendue. Concrètement, ces documents améliorent la visibilité statutaire des bénéficiaires, ouvrent l’accès à certains droits et clarifient leur position dans la chaîne administrative.
Pour les intéressés, il s’agit d’un pas décisif vers la sécurisation des carrières. Pour le gouvernement, c’est un message politique : la normalisation passe par des actes mesurables, pas seulement par des annonces.
Des avancées, mais des attentes encore vives
Malgré cette avancée, des limites demeurent. Des dossiers restent en attente, des délais sont pointés par les syndicats, et la question des rappels non soldés continue d’alimenter la vigilance. La temporalité administrative, souvent longue, contraste avec l’urgence sociale ressentie sur le terrain.
D’où une lecture politique prudente : la décrispation est réelle, mais fragile. Sans calendrier clair pour les dossiers résiduels et sans mécanisme de suivi public, le risque d’une reprise des tensions n’est pas écarté.
Décrispation durable ou gestion tactique ?
La séquence du 31 janvier 2026 peut être l’amorce d’une normalisation durable si elle s’inscrit dans une chaîne de décisions cohérentes. À défaut, elle resterait une gestion tactique du climat social. Le défi est désormais l’exécution : transformer le geste politique en résultats continus, traçables et partagés.
Pour le secteur éducatif, l’enjeu est clair : restaurer la confiance par la régularité des actes. Pour l’État, la crédibilité se jouera sur la constance du dialogue et la tenue des engagements.









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