Gabon : Thierry Minko défend la réforme du secteur du crédit à l’Assemblée nationale
Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko était face aux membres de la Commission des Finances, du Budget et de la Comptabilité publique le vendredi 03 avril 2026. Sous la présidence de Nicole Jeanine Lydie Roboty épouse Mbou, les commissaires ont examiné deux projets de loi cruciaux destinés à assainir le paysage financier gabonais.
Le premier texte présenté par le membre du gouvernement vise à réguler l’activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la microfinance. Le constat dressé par le ministre est sans appel : le secteur est miné par des dysfonctionnements majeurs, au premier rang desquels figurent une hausse alarmante des impayés et des pratiques de recouvrement disparates.
Structuré en 39 articles, ce projet de loi impose de nouvelles obligations de transparence. Si les emprunteurs devront désormais fournir des informations plus exhaustives sur leur santé financière, les banques, en retour, se voient contraintes de proposer des offres adaptées à la capacité réelle de remboursement de leurs clients.
« Il s’agit de protéger le consommateur tout en préservant les banques », a martelé le ministre, rappelant que le volume des impayés culmine à près de 250 milliards de francs CFA.
Toutefois, la pilule a eu du mal à passer auprès de certains députés. Plusieurs parlementaires ont exprimé leur crainte de voir ce texte renforcer la position des créanciers au détriment des citoyens les plus précaires. Face aux critiques sur les taux d’intérêt élevés et la lourdeur documentaire, Thierry Minko a assuré que la conformité aux normes de la CEMAC et la lutte contre l’usure restaient des priorités absolues du gouvernement.
La préférence nationale au cœur de la gouvernance
Le second projet de loi défendu par le ministre touche à la souveraineté économique du pays. Fidèle aux recommandations du Dialogue National Inclusif, ce texte encadre l’accès à la fonction de Directeur général des établissements de crédit.
L’objectif est clair : favoriser l’émergence de cadres nationaux à la tête des grandes institutions financières. Pour l’exécutif, confier ces postes stratégiques à des Gabonais maîtrisant les réalités locales est un levier indispensable pour une transformation durable du modèle économique.
Cette réforme ambitieuse s’aligne sur la vision des plus hautes autorités du pays, visant à faire du secteur financier un véritable moteur de croissance et de création d’emplois pour la jeunesse gabonaise.









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