Gabon : suspendre les réseaux sociaux, moyen de pression sur Meta ?
Après la suspension des plateformes de Meta et plus, annoncée le 17 février 2026 par la Haute Autorité de la Communication (HAC), au motif de diffusion récurrente de contenus inappropriés, diffamatoires et haineux, Jennyfer Mélodie Sambat, porte-parole adjointe de la présidence de la République, s’est engagée à faire la lumière sur TV5 Monde. À la lecture de ses propos, cette mesure « ponctuelle»serait une stratégie de pression diplomatique et réglementaire visant à contraindre le géant Meta.
Au cours de l’entretien, Jennyfer Mélodie Sambat a insisté sur le caractère « ponctuel » de cette suspension. La porte-parole de Brice Clotaire Oligui Nguema a précisé que cette décision inouïe hors contexte électoral ne concerne pas l’ensemble des réseaux sociaux ni l’accès à internet, mais cible spécifiquement les plateformes de Meta pour leur manque de régulation. Une sortie tournée en dérision dans l’opinion publique, eu égard au fait que dans les faits, la suspension a affecté Youtube et Tik Tok notamment. Des plateformes qui n’appartiennent pas à Meta.
Le peuple en otage jusqu’à concession avec Meta ?
Si Mélodie Sambat a clairement indiqué que les Gabonais attendront, la porte-parole du Président de la République a souligné que cette mesure n’est pas isolée. Sans prétention aucune, on peut cerner que le cœur de son discours réside dans l’absence d’échanges avec le groupe Meta. Selon la porte-parole, le gouvernement gabonais et la HAC auraient multiplié les alertes et les signalements de contenus problématiques depuis plus d’un an et demi, sans obtenir de réponse satisfaisante. « Nous n’avons jamais reçu de réponse », a-t-elle déclaré.
À ses dires, la suspension était nécessaire pour attirer l’attention du groupe META. Cette mesure est donc un moyen calculé pour forcer le dialogue. Sapristi ! Aussi, Mélodie Sambat a révélé que Meta n’aurait contacté les autorités gabonaises qu’après l’annonce de la suspension. « Ce sont eux qui nous ont appelés suite à la suspension d’hier ». Cette chronologie ressassée sur le plateau de TV5 Monde suggère une tactique de choc pour relancer des négociations jusque-là infructueuses. Assez osée comme stratégie ponctuée de risques certains.
Par ailleurs, la Présidence de la République de laquelle répond Mélodie Sambat a toutefois minimisé l’impact économique. Selon cette dernière, les plateformes de Meta ne représentent pas l’ensemble d’internet et que le commerce en ligne persiste sans elles. Cette affaire illustre les tensions croissantes entre États africains et Big Tech sur la régulation des contenus. Si la suspension force Meta à la table des négociations, cette décision incompatible avec le respect des droits fondamentaux pose aussi des questions sur le caractère démocratique de la 5eme République. Reste à voir si ce levier aboutira à une régulation escomptée. Nous y reviendrons !









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