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Gabon : suicide au complexe Léon Mba, allô jeunesse en détresse !

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Le lundi 9 mars 2026, qui semblait n’être qu’une journée banale s’est muée en date dramatique pour les Gabonais. Et pour cause, un jeune homme, identifié formellement comme un élève d’après une source proche du ministère de l’éducation nationale, a mis fin à ses jours sur terre en se jetant de la passerelle du lycée National Léon Mba avant de s’éclater au sol. 

La tragédie, capturée par des smartphones et relayée de manière virale sur les réseaux sociaux, montre des instants de tension extrême. On y voit le jeune homme s’élancer dans le vide malgré l’intervention désespérée d’un camarade qui tentait de le retenir. Selon des témoins sur place, une négociation informelle s’était engagée quelques instants plus tôt, le lycéen menaçant de sauter. À l’heure où nous couchons ces lignes, des témoignages soutiennent que le jeune homme aurait été pris en possession de substances interdites et ménacé d’être expédié devant les autorités judiciaires.

Où était la police de plage et la police scolaire ?

Au-delà de l’émotion devenue vive, ce drame remet au goût du jour la sempiternelle absence d’intervention des forces de l’ordre, alors qu’une unité est censée être en poste à proximité, au niveau de la plage du Lycée National Léon Mba. Comment un tel acte a-t-il pu se produire au cœur d’un espace scolaire sans qu’une cellule d’urgence ne soit déployée à temps ? Et ce, alors même qu’il aurait été entendu par le proviseur ? La fameuse police scolaire censée veiller à la sécurité en milieu scolaire a-t-elle déjà vu le jour où était-ce un énième éléphant blanc ?

Depuis Mouguiama-Daouda jusqu’à Camélia Ntoutoume Leclercq, cette solution est évoquée mais jamais mise en œuvre. Si les raisons exactes de ce geste restent floues, certains évoquant des peines de cœur, d’autres des défis entre camarades ou une précarité sociale. Mais le dénominateur commun de ce drame reste la santé mentale. Cette perte atroce relève de la fragilité psychologique d’une jeunesse parfois livrée à elle-même qui s’autorégule. Une jeunesse qui n’a plus de limites face à un laisser-aller imprudent régulièrement mâter plutôt que scruter avant de sanctionner.

Il devient donc impératif que les autorités éducatives réintègrent la présence systématique de psychologues scolaires dans les établissements. Un sourire peut masquer une détresse profonde chères autorités publiques. Il est temps que l’écoute devienne une priorité dans nos établissements pour que le lycée Léon Mba ne soit plus le théâtre d’un tel désespoir. Mais encore plus, que ce spectacle qui devrait laisser des traces indélébiles dans les mémoires, ne se reproduise nulle part.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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