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Gabon : SOS Education annonce la poursuite de la grève lundi

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La crise sociale dans le secteur de l’Éducation nationale s’installe durablement et place le gouvernement face à l’un de ses défis les plus sensibles depuis le changement de régime d’août 2023. Réunis au sein de la plateforme SOS Éducation, les enseignants ont décidé de maintenir le mouvement de grève entamé le lundi 5 janvier 2026, dénonçant l’absence de réponses concrètes à leurs revendications. Cette mobilisation met en lumière un malaise profond lié à la gestion des carrières et au dialogue social, dans un contexte où l’école gabonaise reste fragilisée par des années de dysfonctionnements structurels.

C’est dans une atmosphère à la fois déterminée et tendue que des centaines d’enseignants venus de l’intérieur du pays et de Libreville se sont retrouvés ce samedi 10 janvier 2025 à l’école Martine Oulabou. Objectif, faire le point sur l’évolution du bras de fer avec l’exécutif. Pour SOS Éducation, le gouvernement « joue la montre » et entretient la confusion. « Quand un gouvernement ne peut pas résoudre un dossier, il crée des commissions. Les commissions, c’est un enfumage. Pendant que les enseignants posent les vrais problèmes liés aux carrières administratives, on nous parle des vacations », a dénoncé Marcel Libama, l’un des porte-voix du mouvement.

Entre fermeté et ouverture conditionnelle au dialogue

Refusant toute récupération politique ou syndicale, les membres de SOS Éducation ont longuement débattu de la stratégie à adopter. Deux lignes se sont opposées : l’une, radicale, rejetant toute discussion sans avancées préalables sur les carrières administratives ; l’autre, plus conciliante, favorable à une reprise du dialogue avec l’exécutif. Après plusieurs échanges, un compromis s’est dégagé, traduisant la volonté de maintenir la pression tout en laissant une porte entrouverte à la négociation.

« La base a décidé qu’il n’y aura aucune reprise de cours lundi. Nous irons aux négociations à condition que le gouvernement fasse un geste au sujet des carrières administratives », a clairement indiqué Ciprien Mouele Moubele, membre de SOS Éducation. Cette position conditionnelle marque une ligne rouge pour le mouvement, qui attend désormais des actes plutôt que des annonces.

Alors que la crise s’enlise, la responsabilité politique pèse désormais sur le ministère de l’Éducation nationale. Pour la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq, cette séquence sociale apparaît comme l’une des plus délicates de son règne à la tête de ce département. Sans réponse rapide et structurée, le risque est grand de voir la paralysie du système éducatif s’aggraver, au détriment des élèves et de la crédibilité de l’action gouvernementale.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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