Gabon : Ressources naturelles, vers une doctrine de souveraineté économique
En appelant à une reprise en main stratégique des ressources naturelles, le président Brice Clotaire Oligui Nguema pose les bases d’une doctrine de souveraineté économique assumée. Une inflexion majeure qui vise à rompre avec les logiques d’extraction peu redistributives et à faire des richesses nationales un levier direct de développement pour les populations.
Le message présidentiel est sans ambiguïté : le Gabon doit cesser d’être un simple territoire d’extraction pour redevenir un État stratège. Pétrole, gaz, mines, bois, biodiversité : ces ressources ne peuvent plus être gérées au fil de concessions opaques ou de rentes captées par une minorité. La nouvelle approche entend replacer l’État au cœur de la décision, de la régulation et de la valeur créée.
Cette doctrine rompt avec une longue période où la croissance n’a pas suffisamment irrigué l’économie réelle. Le constat est connu : malgré l’abondance des ressources, les retombées sociales sont restées limitées. La souveraineté économique proclamée vise donc un rééquilibrage entre extraction, transformation locale et redistribution.
Transformer plus, capter mieux, redistribuer durablement
Au cœur de cette orientation se trouve la transformation locale. Il ne s’agit plus seulement d’exporter des matières premières brutes, mais de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Cela implique des investissements ciblés, des partenariats renégociés, et une montée en compétence de l’appareil productif gabonais.
La reprise en main passe également par une meilleure gouvernance des revenus : transparence des contrats, traçabilité des flux, et affectation des recettes à des politiques publiques visibles. Infrastructures, éducation, santé, énergie : la ressource doit devenir un outil de justice économique et territoriale.
Une souveraineté économique à l’épreuve de l’exécution
Cette doctrine, si elle est cohérente sur le plan politique, sera jugée à l’aune de son exécution. Reprendre le contrôle suppose de résister aux pressions, de réformer les cadres juridiques et de renforcer les capacités de l’État. Elle exige aussi une administration outillée et une volonté de rompre avec certaines dépendances historiques.
En inscrivant la souveraineté économique au cœur de l’action gouvernementale, le pouvoir engage une promesse forte : faire des ressources naturelles un bien commun productif, au service des Gabonaises et des Gabonais. Reste désormais à transformer l’intention en résultats tangibles.









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