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Gabon : régulation des réseaux sociaux, le gouvernement assume un tournant sécuritaire

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Réuni le jeudi 26 février 2026 sous la présidence du Chef de l’État, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance encadrant strictement l’usage des réseaux sociaux. Au lendemain de cette décision, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a coordonné une série de séances de travail pour harmoniser la communication gouvernementale sur cette mesure, mais aussi sur les délestages électriques et les futurs déguerpissements de logements publics.

La régulation des réseaux sociaux constitue désormais l’axe central du discours gouvernemental. Selon le communiqué final du Conseil des ministres, la suspension temporaire de certaines plateformes et l’encadrement renforcé de l’espace numérique relèvent d’un « acte de souveraineté et de responsabilité », motivé par la protection de l’ordre public et la préservation de la cohésion nationale.

Le président de République, chef du gouvernement Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur le caractère transitoire des mesures et sur la nécessité d’anticiper les « dérives observées dans l’espace numérique », qualifié de vecteur de campagnes organisées de diffamation et de tentatives de déstabilisation.

5 à 10 ans de prison pour propos haineux

Adopté en Conseil des ministres, le projet d’ordonnance modifie certaines dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale. Selon le ministre de l’Économie numérique, Marc Alexandre Doumba, il ne s’agit pas de restreindre les libertés, mais de « préserver l’unité nationale ».

Le texte prévoit des peines d’emprisonnement allant de 5 à 10 ans ferme et des amendes comprises entre 5 et 10 millions de FCFA pour les auteurs de propos jugés haineux ou diffamatoires sur les plateformes numériques. Il introduit également des mécanismes de traçabilité et de contrôle des identités numériques, notamment à travers un encadrement plus strict des avatars et contenus amplifiés par des systèmes d’intelligence artificielle.

L’ordonnance sera publiée au Journal officiel avant son examen en vue de son homologation par le Parlement qui fait son entré ce début de mois de mars. D’ici là, elle produira pleinement ses effets.

Le communiqué final précise que cette mesure ne constitue pas une finalité, mais un « signal d’autorité ». Le gouvernement entend encadrer durablement l’espace numérique dans le strict respect de l’État de droit, tout en établissant des garde-fous contre les contenus jugés dangereux.

Une bataille de l’opinion en perspective

Conscient de la sensibilité de ces mesures, le Vice-Président du Gouvernement a insisté sur la nécessité d’une communication coordonnée. L’enjeu est de convaincre une opinion publique marquée par les coupures d’électricité, les tensions sociales et les restrictions numériques.

Entre impératif de cohésion nationale, stabilisation énergétique et restructuration urbaine, l’exécutif joue une séquence déterminante. La régulation des réseaux sociaux en est la pièce maîtresse. Reste à voir comment le Parlement et l’opinion s’approprieront ce tournant.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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