Gabon : réforme du Code de la nationalité, Geoffroy Foumboula évoque «la fin d’un complot»
Dans une tribune publiée le 1er avril 2026, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso analyse la réforme du Code de la nationalité portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema comme un retour à l’esprit des pères fondateurs. Une lecture qui suscite à la fois adhésion et débat sur les enjeux d’identité, de souveraineté et d’ouverture.
Adopté par ordonnance le 26 février 2026 et en attente de ratification parlementaire, le nouveau Code de la nationalité gabonaise s’inscrit dans une volonté affichée de « restauration de la dignité nationale ». Pour Geoffroy Foumboula, cette réforme constitue une rupture assumée avec le dispositif de 1999, jugé trop permissif.
Un retour revendiqué aux fondamentaux de 1962
Dans sa tribune, l’auteur replace la réforme dans une perspective historique. Il rappelle que le Code de 1962, adopté sous Léon Mba, reposait sur la notion de « Gabonais de souche », fondée sur l’ascendance autochtone. Une approche qui visait, selon lui, à préserver l’identité nationale dans un contexte post-indépendance.
À l’inverse, la réforme de 1999, sous Omar Bongo Ondimba, aurait introduit une ouverture excessive. «Tous les verrous hérités de 1962 ont été détruits », affirme-t-il, pointant l’attribution facilitée de la nationalité à des enfants nés de parents étrangers.
Une réforme présentée comme une correction des dérives
Le nouveau Code de 2026 marque, selon Geoffroy Foumboula, un rééquilibrage. L’introduction de la notion « d’ascendance autochtone » dans la définition du Gabonais d’origine, ainsi que l’encadrement plus strict de l’accès à certaines fonctions stratégiques, traduisent une volonté de sécurisation juridique.
« Là où le Code de 1999 a fragilisé la nationalité, celui de 2026 vient restaurer les fondamentaux », soutient-il. Le texte prévoit notamment que certaines hautes fonctions de l’État soient réservées aux Gabonais d’origine, excluant de fait les naturalisés et certains binationaux.
Entre souveraineté nationale et débat sur l’inclusion
Toutefois, cette lecture ne fait pas l’unanimité. Si l’auteur salue une « correction historique », il reconnaît lui-même la nécessité de clarifier certaines dispositions, notamment celles relatives à la déchéance de nationalité.
Au-delà de l’analyse juridique, cette réforme soulève des interrogations plus larges sur l’équilibre entre souveraineté nationale et ouverture. Dans un contexte de mondialisation et de mobilité accrue, la redéfinition des critères d’appartenance nationale interroge les fondements mêmes du contrat social gabonais.
En concluant que « le président a mis fin à une forme de complot contre la nationalité gabonaise », Geoffroy Foumboula adopte une position tranchée. Reste désormais au Parlement de se prononcer, et à l’opinion publique de s’approprier un débat qui touche à l’essence même de l’identité nationale.









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