Gabon : REAGIR dénonce une «imposture politique» et fustige une tentative de fusion illégitime
Dans un communiqué publié le 31 juillet 2026, le parti Réappropriation du Gabon, de son Indépendance pour sa Reconstruction (REAGIR) accuse certains anciens membres, dont François Ndong Obiang, d’usurpation d’identité politique et de tentative de marchandage du sigle du parti. Une sortie musclée qui intervient dans un contexte de tensions internes persistantes et de bataille judiciaire autour de la légitimité du mouvement.
Une dénonciation frontale d’une « falsification méthodique ». C’est un communiqué au ton particulièrement ferme que le parti REAGIR a adressé à ses militants et à l’opinion. La formation politique dirigée par Michel Ongoundou-Loundah affirme observer « avec gravité mais sans surprise » les développements récents liés à l’annonce d’une prétendue fusion impliquant des individus qu’elle accuse de se réclamer abusivement de son identité.
Accusations graves : faux, usurpation et occupation illégale
Pour le parti, les événements récents ne relèvent pas d’une simple querelle interne, mais traduisent une stratégie organisée. « Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la simple querelle d’appareil : c’est un assaut frontal contre l’éthique publique », indique le communiqué, dénonçant une « falsification méthodique au confluent de l’opportunisme et de la vénalité ».
Dans le détail, REAGIR accuse François Ndong Obiang et ses proches d’avoir orchestré ce qu’il qualifie de « mystification ». Le parti rappelle que ces derniers auraient été exclus en novembre 2024, notamment pour des faits présumés de falsification de cachet, et feraient l’objet de poursuites pour « faux et usage de faux ». Le communiqué évoque également un « sacrilège identitaire », dénonçant la modification du logo du parti, protégé par l’OAPI, ainsi qu’une tentative de réappropriation frauduleuse de son identité visuelle. « On ne bâtit pas un destin avec des logos volés », martèle le texte.
Autre élément mis en avant : l’occupation présumée illégale du siège du parti pendant plus de dix mois, suivie d’un départ qualifié de « fuite », avec emport de matériel. Des faits qui auraient conduit à l’inculpation de plusieurs individus pour « violation de domicile, menaces et voies de fait ».
Une fusion contestée et juridiquement fragile
Au cœur de la controverse figure également une tentative de fusion avec l’Union pour la démocratie et le développement (UDB), que REAGIR qualifie d’« aberration juridique ». Selon le parti, une telle opération serait dépourvue de base légale tant que le contentieux relatif à la direction du mouvement reste pendant devant les juridictions.
Le communiqué s’appuie notamment sur une décision de la Cour constitutionnelle en date du 6 septembre 2025, qui aurait invalidé les candidatures de certains protagonistes, actant ainsi leur disqualification au sein du parti. « Comment des individus disqualifiés […] peuvent-ils prétendre marchander un bien qui ne leur a jamais appartenu ? », s’interroge la formation politique, appelant les partenaires potentiels à la prudence.
Au-delà du conflit interne, un enjeu pour la crédibilité politique
Au-delà de la crise interne, REAGIR alerte sur les conséquences de telles pratiques pour la vie démocratique. Le parti estime que ces dérives participent à une dégradation de l’éthique politique et à une rupture du lien de confiance entre citoyens et responsables publics. « Quand l’usurpation devient une méthode et le mensonge un programme, c’est le pacte de confiance entre le peuple et ses représentants qui se brise », avertit le communiqué.
Réaffirmant son ancrage et sa légitimité, REAGIR conclut en assurant qu’il « ne sera jamais l’instrument de marchandage de quelques opportunistes », se positionnant comme une « sentinelle au service du peuple gabonais ».









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