Gabon : propos tribalistes, Pacceli-Taylor Bikoro demande des sanctions contre Effayong Obiang, alias Bitome
Dans un communiqué rendu public le 6 mars 2026, l’acteur politique Pacceli-Taylor Bikoro a vivement condamné les propos attribués à Bienvenu Effayong Obiang, alias Bitome, chargé d’Études auprès du directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA). Des déclarations jugées « d’une extrême gravité» après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle l’intéressé aurait tenu des propos à connotation tribale.
Nouvelle polémique sur fond de tensions identitaires au Gabon. Dans une déclaration publique, Pacceli-Taylor Bikoro s’est insurgé contre les propos tenus par Bienvenu Effayong Obiang, plus connu sous le nom de Bitome, récemment nommé chargé d’Études auprès du directeur général de l’AGASA lors du Conseil des ministres du 7 février 2024. Selon l’acteur politique, les déclarations diffusées dans une vidéo publiée par l’intéressé lui-même constituent une dérive incompatible avec les valeurs républicaines et l’exigence d’unité nationale.
Des propos jugés « dangereux » pour la cohésion nationale
Au cœur de la controverse, une séquence vidéo devenue virale dans laquelle Bienvenu Effayong Obiang s’en prendrait à un activiste gabonais avec lequel il serait en conflit. Selon Pacceli-Taylor Bikoro, l’intéressé aurait notamment affirmé que son contradicteur « ne pourrait rien lui faire » au motif qu’il serait Fang, ajoutant que le Gabon serait un « pays des Fang ».
Des déclarations qui, selon l’auteur du communiqué, constituent « une dérive grave, dangereuse et profondément irresponsable ». Pour lui, de tels propos portent atteinte au pacte républicain et risquent d’alimenter les tensions identitaires dans un pays historiquement attaché à la coexistence entre ses différentes communautés. Se disant lui-même Fang et originaire d’Oyem, dans la province du Woleu-Ntem, Pacceli-Taylor Bikoro affirme vouloir se désolidariser «totalement et sans ambiguïté » de ces propos. « Nul ne peut instrumentaliser l’identité ethnique pour intimider, menacer ou prétendre s’arroger une quelconque supériorité sur les autres citoyens », écrit-il dans son communiqué.
Un appel direct au chef de l’État
Au-delà de la condamnation morale, l’acteur politique appelle les autorités à tirer toutes les conséquences de cette affaire. Selon lui, le fait que les propos incriminés soient tenus par un agent nommé en Conseil des ministres « jette une ombre grave sur l’exigence d’exemplarité qui doit prévaloir au sein de l’État ». Dans cette perspective, Pacceli-Taylor Bikoro en appelle directement au président de la République afin qu’il « prenne toute la mesure de la gravité de cette situation » et envisage le retrait de sa confiance à l’égard de l’intéressé.
Pour l’auteur du communiqué, la République ne peut tolérer que des agents placés sous l’autorité de l’État banalisent des discours susceptibles d’alimenter les divisions au sein de la société. « Le Gabon n’est ni la propriété d’une ethnie, ni le domaine réservé d’un groupe », rappelle-t-il, insistant sur le fait que la Nation appartient « à tous ses enfants, sans distinction d’origine, de province ou de communauté ».
Alors que les débats sur l’unité nationale et la lutte contre les discours de haine restent particulièrement sensibles dans le contexte politique actuel, cette sortie publique pourrait relancer la discussion sur la responsabilité des acteurs publics et l’exemplarité attendue des responsables investis de missions au sein de l’État.










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