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Gabon : procédures judiciaires abusives, le procureur général recadre fermement les OPJ

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À Libreville, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire a tenu une réunion de mise au point avec les officiers de police judiciaire (OPJ), dénonçant de graves dérives dans la conduite des enquêtes, le non-respect des procédures et des atteintes répétées aux droits fondamentaux. Un rappel à l’ordre ferme, rapporté par L’Union du 16 janvier 2026, qui intervient dans un contexte de crispation autour du fonctionnement de la chaîne pénale.

Face aux manquements persistants relevés dans les pratiques de certains officiers de police judiciaire, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Narcisse Minang, a convoqué une nouvelle rencontre avec les OPJ relevant de son ressort. Objectif affiché : rappeler les règles de procédure, réaffirmer l’autorité du parquet et dénoncer des comportements jugés contraires à la loi et aux principes de l’État de droit.

La procédure pénale, un cadre non négociable

Selon L’Union, le procureur général n’a pas usé de détours pour rappeler que, conformément aux articles 20, 39 et 40 (alinéa 2) du Code de procédure pénale, la direction de la police judiciaire revient exclusivement au ministère public. À ce titre, les OPJ ont l’obligation d’informer sans délai le procureur de la République de toute infraction portée à leur connaissance et de lui transmettre les procès-verbaux dès leur clôture.

« Les règles de compétence sont d’ordre public et d’application immédiate », a insisté Eddy Narcisse Minang, dénonçant la pratique consistant à « agir d’abord et rendre compte ensuite », une dérive jugée inacceptable.

Abus d’autorité et atteintes aux droits fondamentaux

La réunion a également permis de pointer des comportements assimilables à des abus d’autorité. Le procureur général a fustigé le copinage, les dépassements de compétences légales et le non-respect des droits humains et des libertés fondamentales lors des enquêtes et interpellations.

Toujours selon L’Union, il a été fait état de pratiques particulièrement préoccupantes, notamment l’exigence de versements d’argent lors des contrôles routiers, ainsi que le monnayage du retrait de plaintes, des faits qualifiés de graves et passibles de sanctions pénales.

Un redéploiement territorial du contrôle judiciaire

Sur le plan organisationnel, le procureur général a rappelé que, depuis le 30 mai 2025, certaines unités judiciaires – notamment à Ntoum, Kango et Cocobeach – relèvent désormais du tribunal de première instance de Ntoum. En conséquence, les procédures issues de ces zones ne doivent plus être transmises au parquet de Libreville.

Un message clair à la chaîne pénale

À travers ce recadrage sans ambiguïté, le parquet général entend restaurer la rigueur procédurale et mettre fin à des pratiques qui fragilisent la crédibilité de la justice. Le message est limpide : le respect de la loi n’est pas optionnel, et les manquements seront désormais sanctionnés.

Un avertissement qui, au-delà des OPJ, interpelle l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire sur la nécessité de réconcilier efficacité des enquêtes et respect strict des droits fondamentaux.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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