Gabon : précarisés, plus de 159 ex-employés du Ré-Ndama en appellent aux autorités
Plus de cinq ans après la réquisition de l’Hôtel Walli Ré-Ndama dans le contexte de la pandémie de Covid-19, la situation des ex-employés de cet établissement reste marquée par l’incertitude et la précarité. Réunis au sein d’un collectif, 159 anciens agents ont décidé de briser le silence à travers une déclaration, afin d’alerter l’opinion et les autorités sur ce qu’ils qualifient d’« injustice sociale persistante ». Ces travailleurs, pour la plupart chefs de famille, affirment vivre depuis 2021 sans emploi stable, sans indemnisation complète et sans perspective claire de réparation, malgré les engagements pris à l’époque par la direction de l’hôtel et les pouvoirs publics.
Dans leur déclaration, les ex-agents rappellent que lors de la réquisition de l’hôtel en 2020, ils avaient reçu l’assurance que « les salaires seraient intégralement maintenus durant toute la durée de la pandémie » et que la reprise du travail interviendrait à la fin de la crise sanitaire. Trois mois plus tard, ces promesses ont volé en éclats avec une mise en chômage technique assortie d’une baisse de 50 % des salaires, avant un licenciement pour motif économique en 2021. « Nous avons perdu nos emplois sans autre compensation que le strict minimum légal, alors même que l’hôtel était loué à l’État gabonais », déplorent-ils, dénonçant une gestion opaque des fonds issus de cette réquisition.
Une précarité humaine aux conséquences dramatiques
Au-delà des aspects administratifs et financiers, le collectif insiste sur la dimension humaine de la crise « La précarité continue de s’aggraver de manière injuste et insupportable », souligne la déclaration, évoquant des conséquences lourdes. 19 ex-agents décédés, des familles disloquées, des enfants déscolarisés et des problèmes de santé graves, dont des accidents vasculaires cérébraux. Les anciens travailleurs affirment également n’avoir jamais perçu les primes Covid-19 pourtant annoncées par les autorités de l’époque, alors qu’ils se considèrent comme « les premières victimes économiques de la pandémie ».
L’arrivée du gouvernement de transition en août 2023 avait suscité un nouvel espoir. Une requête adressée au Premier ministre avait conduit à une saisine du ministère du Tourisme, sans toutefois déboucher sur une solution concrète. Aujourd’hui, le collectif en appelle directement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour une intervention personnelle. « Nous avons cru en votre engagement pour la justice sociale », écrivent-ils, plaidant pour « un accompagnement social digne et réparateur ». Une demande pressante, à l’heure où leur situation symbolise les séquelles sociales encore béantes de la crise sanitaire au Gabon.









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