Gabon : pour Ali Akbar Onanga, la crise du PDG engage l’honneur démocratique du pays
Dans une tribune à forte portée juridique et politique, Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), défend la légitimité d’Ali Bongo Ondimba à la tête du parti. Au-delà d’un conflit interne, il y voit une épreuve décisive pour la crédibilité démocratique du Gabon sous la Ve République.
La crise qui secoue le PDG dépasse, selon ses auteurs, une simple rivalité de leadership. Elle pose une question de droit. Une question de principe. Une question de cohérence institutionnelle.
Dans son argumentaire, Ali Akbar Onanga Y’Obegue rappelle qu’Ali Bongo Ondimba demeure, en droit, le président élu du PDG depuis le congrès de 2009. Il n’aurait, selon lui, ni démissionné conformément aux formes statutaires prévues, ni été déclaré empêché par les instances compétentes du parti.
Le droit interne du parti au cœur du bras de fer
Au centre du débat : les statuts révisés lors du congrès des 23 et 24 décembre 2022. L’article 8 précise que l’accession à une fonction de responsabilité se fait par élection ou par nomination du président du parti. L’article 89 encadre strictement la convocation des congrès. Or, selon le Secrétaire général du PDG, le directoire installé le 7 mars 2024 n’aurait été ni élu ni nommé conformément aux textes. Le congrès du 30 janvier 2025 serait, à ses yeux, frappé de nullité pour non-respect des procédures statutaires.
La mise en demeure adressée le 20 février 2026 et signifiée par voie d’huissier le 27 février s’inscrit donc, selon lui, dans une logique strictement juridique. « Ce n’est ni une querelle personnelle ni une vengeance politique. C’est le droit », affirme-t-il.
Au-delà d’un parti, une question nationale
Pour Ali Akbar Onanga Y’Obegue, l’enjeu dépasse le PDG. Il concerne l’ensemble des formations politiques gabonaises et, plus largement, la culture démocratique nationale. Un parti qui ne respecte pas ses propres statuts peut-il exiger le respect des règles institutionnelles au niveau de l’État ? La démocratie interne serait, selon lui, le premier niveau de la démocratie tout court.
Laisser s’installer un précédent de « fait accompli » sans réparation judiciaire reviendrait à banaliser la violation des règles statutaires. Un signal, estime-t-il, qui fragiliserait l’ensemble du système politique.
Une opposition à reconstruire
La tribune élargit également le débat à la question de l’opposition sous la Transition. Le PDG dirigé par Blaise Louembé et Angélique Ngoma serait, selon son auteur, incapable d’incarner une opposition crédible. À l’inverse, un PDG « libéré » et ancré dans une opposition structurée pourrait, selon lui, contribuer à l’équilibre institutionnel et au débat démocratique.
Ali Bongo, légitimité juridique et retrait personnel. L’argumentaire insiste enfin sur l’absence d’ambition personnelle d’Ali Bongo Ondimba. Celui-ci aurait indiqué ne plus solliciter de mandat national, tout en revendiquant son rôle de garant des règles internes du parti.
Trois éléments sont mis en avant : son élection en 2009, l’absence de démission formelle et l’absence d’empêchement statutaire. Pour ses soutiens, ces éléments suffisent à établir la continuité de sa légitimité interne.
Un test pour la Ve République
En filigrane, c’est la crédibilité de la Ve République qui est invoquée. La résolution de cette crise interne au PDG pourrait, selon ses protagonistes, constituer un précédent en matière de respect des règles partisanes et de recours au juge.
Reste à savoir si les juridictions saisies confirmeront cette lecture des statuts et si la crise se règlera sur le terrain judiciaire ou politique. Une chose est certaine : ce bras de fer interne au PDG s’inscrit désormais dans un débat plus large sur la solidité des institutions et la maturité démocratique du Gabon.









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