Gabon : plus que 3 mois pour les partis politiques pour se conformer à la nouvelle loi
Le landerneau politique gabonais vit des heures décisives. À quatre-vingt-dix jours de l’échéance légale, les 104 formations répertoriées dans le pays engagent une course contre la montre pour se conformer à la loi n°016/2025 du 27 juin 2025. Entre enrôlements massifs et congrès de refondation, les états-majors jouent leur survie institutionnelle.
En effet, lors d’une récente rencontre, le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, avait fixé un cap clair : actualiser le fichier national pour ne conserver que les structures réellement actives. Neuf mois après le lancement du processus, l’urgence gagne les rangs. Pour beaucoup, l’enjeu consiste à transformer des groupements parfois léthargiques en machines politiques structurées, répondant aux nouvelles exigences de représentativité.
Des stratégies d’adaptation diversifiées
Certaines formations affichent une sérénité notable. L’Union nationale (UN), par la voix de son secrétaire exécutif Minault Maxime Zima Ebeyard, confirme que son dossier est prêt. Le parti mise sur la régularité de ses instances statutaires et un directoire élu pour valider son maintien. De son côté, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) affirme avoir déjà franchi le cap symbolique des 9 000 adhérents, seuil désormais indispensable pour exister légalement.
Pour d’autres, comme l’Union du peuple gabonais (UPG), l’heure est à la restructuration interne. Aleck Nziengui, son secrétaire exécutif, supervise actuellement une commission ad hoc. Cette dernière prépare une convention nationale, préalable indispensable à la tenue d’un congrès qui devra aligner le parti sur le nouveau cadre légal.
Un filtre législatif rigoureux
La loi de juin 2025 ne se contente pas d’exiger une base militante élargie. L’article 72 introduit des verrous inédits pour assainir la vie publique notamment une représentativité minimale, chaque parti doit justifier d’au moins 9 000 membres; une assiduité électorale qui suggère que toute formation s’abstenant de présenter des candidats lors de deux scrutins consécutifs perdra automatiquement son statut légal, et enfin l’obligation de transparence financière permettant à la Cour des comptes d’exercer un contrôle renforcé sur la comptabilité des partis.
Ce dispositif vise à mettre fin aux « partis cartables » et à professionnaliser le débat démocratique. Les formations qui échoueront à franchir ces obstacles avant le délai de trois mois s’exposent à une dissolution pure et simple, redessinant ainsi une carte politique gabonaise plus resserrée et plus exigeante.










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