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Gabon : Plus de 2 000 détenus toujours en attente de jugement à la prison du Gros Bouquet

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Le vendredi 28 mars 2025 le procureur général près la cour d’appel, Eddy Minang a procédé à une visite d’inspection au sein de la prison centrale de Libreville. Accompagné de plusieurs magistrats, dont le procureur de la République ainsi que des présidents de chambre d’accusation et des juges d’instruction, cette descente inédite avait pour objectif d’évaluer les conditions de détention des prisonniers.

Au cours de cette visite, le procureur général a salué les efforts réalisés, notamment en ce qui concerne la maison d’arrêt des femmes et le quartier des mineurs, qui présentent des conditions de vie jugées acceptables. Cependant, il n’a pas manqué de dénoncer les dysfonctionnements qui persistent au sein du système judiciaire, tels que la lenteur des procédures et la surpopulation carcérale.

Surpopulation à la prison centrale de Libreville

Eddy Minang a révélé des chiffres alarmants concernant le suivi des affaires de nombreux détenus. Ainsi, sur les 3 566 détenus de la prison centrale de Libreville, 2 759 sont encore en attente de jugement. Cette situation a été exacerbée par la récente grève des magistrats, mais il a assuré que les audiences reprendront normalement dès le lundi 31 mars 2025, la grève ayant été levée.

Lors de son allocution, il a partagé les résultats d’un travail d’investigation conduit par une commission de magistrats et d’agents pénitentiaires, qui a mis en évidence plusieurs irrégularités préoccupantes. « Nous avons pu recenser des personnes incarcérées depuis 10, 12 ans sans jamais avoir été jugées. Certains sont considérés comme des condamnés alors qu’ils sont techniquement des détenus préventifs, simplement parce qu’ils attendent toujours résultats d’audience. D’autres encore voient leurs dossiers disparus ou sont gravement malades, alors qu’ils ne devraient plus être incarcérés », a-t-il souligné.

Face à ces constats préoccupants, le procureur général près la Cour d’appel a garanti que des mesures seraient prises dans les meilleurs délais pour libérer les détenus dont la situation ne justifie plus l’incarcération. Cette visite, la première des magistrats dans cet établissement depuis cinq ans, a suscité un espoir chez de nombreux détenus désireux de voir leur sort amélioré par les autorités judiciaires.

Cette initiative marque un tournant potentiel dans la gestion carcérale au Gabon et soulève des questions cruciales sur l’efficacité et l’équité du système judiciaire. Les yeux restent désormais tournés vers les prochaines étapes qui seront prises pour remédier à cette crise carcérale.

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