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Gabon : Paul-Ulrich Kessany veut relancer le Conseil national de la jeunesse pour structurer l’engagement des jeunes

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Nommé le 1er janvier 2026 à la tête du ministère de la Jeunesse, Paul-Ulrich Kessany Zategwa entend impulser une nouvelle dynamique dans la gouvernance des politiques publiques destinées aux jeunes. Au cœur de cette stratégie figure la réorganisation du Conseil national de la jeunesse, un outil que le gouvernement souhaite transformer en véritable partenaire de la société civile pour renforcer l’insertion sociale et économique des jeunes Gabonais.

Depuis sa prise de fonction, le ministre de la Jeunesse Paul-Ulrich Kessany Zategwa multiplie les initiatives pour structurer le mouvement associatif et renforcer les mécanismes d’accompagnement des jeunes. L’ancien capitaine des Panthères du Gabon souhaite notamment remettre en ordre de marche le Conseil national de la jeunesse (CNJ), jugé aujourd’hui peu actif et parfois contesté sur sa légitimité.

Dans cette perspective, le membre du gouvernement a détaillé les orientations retenues pour redynamiser cette structure appelée à jouer un rôle clé dans la coordination des initiatives de jeunesse à travers le pays. « C’est un instrument important, parce que le ministère doit avoir un partenaire qui peut être considéré comme partenaire de la société civile, qui défend la position des jeunes et canalise leurs actions », a-t-il expliqué.

Une nouvelle architecture organisationnelle

Pour atteindre cet objectif, le ministère prévoit la mise en place d’une architecture organisationnelle articulée autour de comités provinciaux et d’un organe national basé à Libreville. Ces structures auront pour mission de coordonner les initiatives locales, d’assurer la représentation des associations et de renforcer la participation des jeunes à la vie publique.

Selon le calendrier annoncé par le ministre, les comités provinciaux devraient être installés dès le mois de mars, avant la mise en place d’un comité national chargé de centraliser les propositions et d’assurer la cohérence des actions menées sur l’ensemble du territoire.

Cette réorganisation vise également à instaurer un cadre plus structuré pour le fonctionnement des organisations de jeunesse, souvent caractérisées par une dispersion des initiatives et un manque de coordination.

Un cadre légal renforcé

Le ministre de la Jeunesse a également insisté sur la nécessité de garantir la transparence et la légitimité des instances qui seront mises en place. Pour Paul-Ulrich Kessany Zategwa, la crédibilité du Conseil national de la jeunesse dépendra avant tout du respect des règles juridiques encadrant son fonctionnement.

« Il est important de mettre en place ce Conseil national de la jeunesse, de donner une orientation précise pour que le cadre légal soit respecté. Les présidents et membres doivent remplir les critères pour garantir la légitimité des décisions », a-t-il affirmé.

L’objectif est d’éviter les contestations qui ont parfois entouré la gouvernance du CNJG et d’en faire un interlocuteur reconnu par les pouvoirs publics, capable de porter les préoccupations réelles de la jeunesse gabonaise.

L’entrepreneuriat au cœur de la stratégie

Au-delà de la structuration du mouvement associatif, le ministère de la Jeunesse entend également renforcer les dispositifs d’accompagnement à l’insertion économique des jeunes. Plusieurs programmes sont ainsi appelés à être déployés ou consolidés dans les prochains mois.

Parmi eux figurent notamment les initiatives portées par la Banque de l’Entrepreneuriat des Jeunes (BCEG), ainsi que des projets comme Taxigab ou Gab Pêche, conçus pour faciliter l’accès des jeunes à des activités génératrices de revenus.

Ces dispositifs s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à améliorer l’employabilité des jeunes et à encourager l’entrepreneuriat dans un contexte marqué par un taux de chômage particulièrement élevé.

Un défi démographique majeur

La réforme engagée par le ministère intervient dans un contexte démographique particulier. Au Gabon, les jeunes représentent près de 70 % de la population, tandis que le taux de chômage des jeunes est estimé à environ 35 %, selon les données disponibles.

Pour les autorités, cette situation impose d’accélérer les politiques publiques destinées à l’insertion sociale et économique de cette frange importante de la population.

En misant sur la réorganisation du Conseil national de la jeunesse et sur le renforcement des programmes d’accompagnement à l’entrepreneuriat, le gouvernement espère ainsi créer des passerelles plus efficaces entre les initiatives locales et les politiques nationales en faveur de la jeunesse. Un chantier stratégique qui pourrait, à terme, contribuer à transformer le potentiel démographique du pays en véritable levier de développement.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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