Gabon : Oligui Nguema appelle à des consultations sur le retour à la peine de mort
Ce 8 janvier 2025, à l’occasion de la poursuite des cérémonies de vœux protocolaires, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est adressé à l’Administration publique, après avoir reçu le corps diplomatique puis les forces de défense et de sécurité la veille. Dans un discours dense de plus de trente minutes, le Chef de l’État a pris le temps de répondre aux différentes interventions, dont celle de Guy Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), relative à la recrudescence des crimes de sang et à la question sensible du retour de la peine de mort.
Le président du CESEC avait, quelques minutes plus tôt, exprimé les attentes pressantes des populations, rappelant que « les attentes des Gabonais sont proportionnelles aux 94,85 % des suffrages exprimés en votre faveur le 12 avril 2025 ». Insistant sur la sécurité, Guy Bertrand Mapangou avait déclaré avec gravité « Oui ! la sécurité des gabonais, monsieur le Président », évoquant des appels populaires de plus en plus audibles « face à la recrudescence de l’affreuse gangrène des crimes crapuleux, face aux enlèvements et meurtres sauvages d’enfants ». Guy Bertrand Mapangou a ainsi sans équivoque suggéré la tenue d’un référendum en vue du rétablissement de la peine de mort.
Une consultation populaire pour trancher un débat sensible
Répondant à cette interpellation, Brice Clotaire Oligui Nguema a opté pour une posture d’ouverture, tout en renvoyant la décision au peuple « S’agissant des questions de sécurité intérieure, vous êtes revenu sur le traitement des auteurs des crimes de sang, en évoquant la question de la peine de mort », a-t-il rappelé avant d’affirmer « À mon avis, cette réflexion doit être portée par le peuple souverain qui m’a élu. Je vous instruis donc d’organiser une consultation populaire sur cette question ». Une déclaration qui marque un tournant, en plaçant le débat dans le champ de la souveraineté populaire.
Le Chef de l’État a toutefois tenu à dissiper toute ambiguïté sur la fermeté de l’action publique « Je réaffirme avec fermeté que l’État ne laissera pas impunis les auteurs de ces crimes et leurs commanditaires, quels qu’ils soient », a-t-il martelé, soulignant que la lutte contre l’impunité demeure une ligne rouge du nouveau cycle institutionnel. Cette position vise à rassurer une opinion profondément choquée par des faits divers récents, tout en évitant une décision unilatérale sur un sujet aux implications juridiques et internationales majeures. Brice Clotaire Oligui Nguema a également renouvelé son soutien au CESEC, reconnaissant les entraves qui ont freiné son action par le passé.









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