Gabon : Oligui Nguema acte la plus vaste régularisation administrative de l’histoire récente de l’Éducation
En clôturant, le 14 janvier 2026, les travaux de la Commission interministérielle tripartite consacrée aux situations administratives et financières des agents de l’Éducation nationale, le gouvernement gabonais a annoncé la régularisation de plus de 6 900 dossiers. Une décision présentée comme un tournant social majeur, mettant fin à des années de précarité pour des milliers d’enseignants et redonnant de la lisibilité à la gestion des carrières dans l’administration scolaire.
Un signal politique fort au cœur d’une crise sociale. Alors que la rentrée du deuxième trimestre de l’année académique 2025-2026, le 5 janvier dernier, a été marquée par une grève dure des enseignants, l’exécutif a choisi d’accélérer le traitement d’un contentieux ancien. Réunissant les ministères de l’Éducation nationale, du Budget et de la Fonction publique, la Commission tripartite n’a pas seulement produit un rapport technique : elle a débouché sur des décisions immédiatement applicables, avec un calendrier de mise en œuvre fixé dès février 2026.
Des intégrations et régularisations à grande échelle
À travers cette séquence, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, entend démontrer que les engagements pris en faveur du secteur social se traduisent désormais par des actes concrets.
Dans le détail, les mesures annoncées couvrent un spectre large de situations longtemps bloquées. Au total, 328 sortants de l’ENS et de l’ENSET seront mis en solde, tandis que 692 sortants de l’ENIL et de l’ENIF bénéficieront d’un présalaire. À cela s’ajoute l’intégration de 108 enseignants de matières scientifiques, un signal adressé à des filières en tension.
La dimension la plus symbolique reste toutefois la régularisation de 1 810 enseignants jusque-là considérés comme « bénévoles », maintenus pendant des années dans une zone grise administrative. Par ailleurs, sur 6 574 dossiers examinés, près de 4 000 situations administratives – avancements, reclassements, rappels de droits – ont été corrigées.
Restaurer la dignité professionnelle et la confiance
Au-delà des chiffres, l’enjeu est institutionnel. En mettant fin à des carrières bloquées et à des statuts précaires, l’État cherche à restaurer la dignité du travail enseignant et à rétablir la confiance entre l’administration et ses agents. « L’administration gabonaise doit redevenir un moteur de carrière et non un frein », confie une source proche du dossier.
Cette opération est également présentée comme une solution structurelle, et non un simple rattrapage ponctuel. Le gouvernement annonce déjà une extension prochaine du dispositif au secteur de la Santé, signe d’une volonté de traiter, de manière plus globale, les dysfonctionnements accumulés dans la gestion des ressources humaines publiques.
Un tournant pour l’École républicaine
En actant ces régularisations massives, l’exécutif désamorce en partie la crise sociale qui menaçait de paralyser durablement le système éducatif. Pour de nombreux observateurs, cette séquence marque un « printemps des enseignants », où le dialogue social, adossé à des décisions budgétaires concrètes, replace l’École au cœur du projet républicain. Reste désormais à juger, sur la durée, de la capacité de l’État à tenir le calendrier annoncé et à inscrire cette dynamique dans le temps long des réformes administratives.








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