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Gabon : Non l’homosexualité n’est pas interdite, juste le mariage !

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Contrairement à de nombreuses rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux et dans certains médias, l’homosexualité reste dépénalisée au Gabon. En vérité, la nouvelle Constitution, issue du référendum du 16 novembre 2024 et promulguée dans la foulée, n’interdit pas les relations homosexuelles consenties entre adultes. La loi fondamentale se limite à définir et à protéger le mariage traditionnel entre hétérosexuels.

Après une brève période de criminalisation entre 2019 et 2020, le Gabon a dépénalisé les actes sexuels entre personnes du même sexe en juin 2020. Cette réforme, adoptée par l’Assemblée nationale puis le Sénat, a supprimé l’article du Code pénal qui punissait ces relations de jusqu’à 6 mois d’emprisonnement ferme qui était assortie d’une lourde amende. Depuis lors, la pratique de l’homosexualité n’est plus une infraction pénale. Sachons-le une bonne fois pour toute.

Le DNI pas suivie à la lettre, le droit des homosexuels garanti !

Le Dialogue national inclusif (DNI), organisé en 2024 sous la transition, avait pourtant recueilli des propositions demandant le retour de la pénalisation. Pour certains participants, cette pratique serait « incompatible avec les us et coutumes gabonaises ». Ces voix, souvent relayées par des milieux conservateurs et religieux, ont alimenté l’idée que la nouvelle Constitution reviendrait sur la dépénalisation de 2020. Mais le résultat n’en fut pas celui escompté.

En effet, le texte adopté par plus de 91 % des votants lors du référendum n’a pas suivi pas cette voie. L’article consacré à la famille ,souvent cité comme l’article 25 dans les projets ou 169 dans la version finale, définit clairement le mariage comme « l’union entre deux personnes de sexe opposé ». Cette définition est protégée par une clause d’éternité, rendant impossible sa révision future et excluant ainsi le mariage homosexuel. Mais aucune disposition ne pénalise les relations homosexuelles hors mariage.

Au contraire, la Constitution renforce la protection de la vie privée en son article 18. Un principe qui couvre les relations intimes consensuelles entre adultes, quelle que soit leur orientation sexuelle. Tant que ces relations restent privées et ne violent pas d’autres principes directeurs comme le consentement, l’âge de la majorité, elles ne sauraient être poursuivables encore moins condamnables. Cette nuance est essentielle. De nombreux commentaires en ligne confondent le mariage homosexuel avec une interdiction générale de l’homosexualité. 

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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