Gabon : « Navire de 1975, moteurs neufs », la CNNII précise le profil de l’Elobey VI
À la suite de notre courrier référencé N°050/GMT/FEV-2026/IMO sollicitant des éclaircissements sur la mise en service du navire Elobey VI, la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) a transmis à Gabon Media Time ses éléments de langage officiels. L’entreprise précise que le bâtiment, de type LCT, est exclusivement dédié au transport de fret sur l’axe Libreville–Port-Gentil et assure qu’il répond aux normes de sécurité maritime en vigueur.
Mis en service le 11 février 2026 sur la liaison Libreville–Port-Gentil, le navire Elobey VI avait suscité plusieurs interrogations, notamment sur son année de construction, son pavillon et son niveau de certification. Dans sa réponse officielle adressée à notre rédaction, la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) précise que l’Elobey VI est « un navire de type LCT de près de 1000 tonnes, affrété (…) dans le but de répondre à l’urgence du transport de fret sur l’axe Libreville–Port-Gentil », et qu’il est « dédié exclusivement au transport de marchandises et non au transport de passagers » .
Un navire inspecté et certifié
Selon la compagnie, une inspection a été effectuée « en amont et en aval de son introduction dans les eaux gabonaises par les services compétents ». Un rapport de visite d’introduction aurait ainsi été dressé par la Direction générale de la Marine marchande (DGMM) le 15 novembre 2025.
Sur le plan technique, l’Elobey VI porte le numéro OMI 7422867, bat pavillon Guinée équatoriale (port d’attache : Malabo) et dispose de certifications DNV et Bureau Veritas . Construit en 1975, il a été reconstruit (rebuilt) en 1985. La CNNII précise par ailleurs que les navires de type LCT peuvent être exploités au-delà de 50 ans « à condition que le carénage soit régulièrement effectué et que la navigation se fasse dans des eaux calmes ». Le dernier carénage aurait été réalisé en octobre 2025, et le navire serait équipé de moteurs neufs de type Caterpillar (2 × 1410 BHP) .
Des équipements présentés comme un atout comparatif
La CNNII met en avant des équipements de navigation et de sécurité jugés performants : AIS, GPS, radars, sondeurs, systèmes de lutte anti-incendie avec pompe à 5 bars, ainsi que deux groupes électrogènes de secours .
Durant son premier voyage, le 12 février 2026 à 02h du matin, les radars auraient permis de détecter le déplacement d’une bouée non éclairée dans le chenal de l’Estuaire, un incident que d’autres LCT « dépourvus de ces équipements de pointe » n’auraient pas constaté. Avec une vitesse annoncée de 10 nœuds, soit environ 8 heures de navigation entre Libreville et Port-Gentil, l’Elobey VI serait plus rapide que d’autres LCT opérant sur la même ligne, selon la compagnie.
Un objectif affiché : lutter contre la vie chère
Au-delà des caractéristiques techniques, la CNNII rappelle que son rôle est « avant tout de lutter contre la vie chère, en pratiquant des tarifs adaptés pour les ménages » . Le renforcement de la desserte maritime entre Libreville et Port-Gentil vise ainsi à fluidifier la chaîne d’approvisionnement et à réduire les coûts logistiques. Si ces éléments apportent des précisions techniques substantielles, plusieurs enjeux demeurent structurants : la durabilité opérationnelle du navire, le suivi des contrôles périodiques, l’assurance des cargaisons et la coordination avec les autorités maritimes nationales.
En sollicitant ces éclaircissements, Gabon Media Time a exercé son droit d’accès à l’information prévu à l’article 56 du Code de la communication. L’objectif reste inchangé : informer avec rigueur sur les choix opérés dans un secteur stratégique pour la continuité territoriale et le développement économique du pays.








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