Gabon : montée au créneau de l’intersyndicale des impôts, un mois de sursis pour la tutelle

Réunis en assemblée générale ce 4 mars 2026 à l’agence des impôts d’Oloumi, plusieurs dizaines d’agents réunis au sein de l’intersyndicale des impôts ont décidé de hausser le ton face au silence persistant du gouvernement. En ligne de mire, la reconnaissance de leur métier, l’absence criante de moyens de travail et des engagements restés lettre morte depuis le dépôt d’un préavis de grève en novembre 2025.
Les agents dénoncent un sentiment d’abandon largement partagé au sein de la Direction Générale des Impôts. Face à l’inaction des autorités, les quatre syndicats du secteur ont décidé de dépasser leurs divergences pour parler d’une seule voix au sein de l’Intersyndicale des impôts. Une union nécessaire pour alerter l’opinion et pousser le gouvernement à ouvrir des négociations « Il est question de consulter la base sur les revendications soumises au gouvernement. Savoir ce qui a été fait, ce qui reste à faire. Il fallait informer les agents et leur permettre de prendre une décision », a expliqué le porte-parole de l’intersyndicale, Mathia Pamphile Benga.
Statut, moyens et reconnaissance, les lignes de fracture
Parmi les principaux points de crispation figure l’absence de statut particulier pour les agents des impôts. Pourtant, les textes en vigueur classent cette administration parmi les piliers de la sécurité nationale, chargée de protéger les recettes publiques contre la fraude et l’évasion fiscale. « On demande à la tutelle de reconnaître notre métier. Depuis 2002, nous n’avons plus de statut particulier. Nous avons élaboré un projet de loi et un décret pour réorganiser les services et rapprocher l’impôt du contribuable. Mais jusqu’à présent, il n’y a aucune réaction », a déploré le porte-parole. Cette situation, selon lui, fragilise l’efficacité de l’action fiscale et démotive les agents.
Autre urgence dénoncée lors de l’assemblée générale, l’absence de budget de fonctionnement depuis près de cinq mois. Une carence qui selon eux, paralyse les missions de contrôle fiscal sur le terrain, alors même que les agents sont tenus d’atteindre des objectifs de recouvrement. À l’issue des échanges, un sursis a toutefois été accordé à la tutelle. « Le ministre nous a demandé de lui accorder un délai jusqu’au 5 avril pour apporter des solutions. Conscients de notre rôle et de notre serment de servir l’État, nous avons accepté ce sursis. Mais nous resterons vigilants », a prévenu l’intersyndicale. En attendant, aucune grève n’est annoncée, mais le message est clair, sans avancées concrètes, la mobilisation pourrait changer de ton.










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