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Gabon : l’usage du VPN en hausse de 25 000%, selon Netblocks !

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Sous la houlette de Germain Ngoyo Moussavou, la HAC a décrété une suspension immédiate et indéfinie des principaux réseaux sociaux. Cette mesure, justifiée par des motifs de sécurité nationale, de lutte contre les fake news et de préservation de l’unité nationale s’est heurtée à une résistance technologique inattendue. Les citoyens ordinaires sont devenus des experts du contournement numérique grâce au VPN.

Dès l’annonce de la restriction, les Gabonais se sont promptement rués vers les réseaux privés virtuels (VPN) pour bypasser la censure institutionnelle dite « assumée » par la porte-parole du Président de la République. D’ailleurs les données de l’observatoire indépendant NetBlocks et du fournisseur Proton VPN révèlent que l’usage des VPN a bondi de 25 000 % en quelques heures seulement. Un effet boomerang spectaculaire auquel ne s’attendait pas la HAC et ses soutiens.

Le peuple gabonais, hackers par défaut, VPN comme matériau

En fermant les portes principales de l’internet social, les autorités gabonais ont malencontreusement poussé des millions d’utilisateurs à adopter des outils de chiffrement pour maintenir leurs connexions. « C’est une explosion sans précédent », a analysé NetBlocks dans son rapport du 19 février. Il en ressort que les pics de connexion ont saturé les serveurs de plusieurs fournisseurs internationaux. Proton VPN, par exemple, a enregistré des demandes en provenance du Gabon multipliées par des facteurs inédits.

Ce qui a provoqué une augmentation de capacité urgente. Il va sans dire que cette mesure impopulaire, perçue comme une atteinte à la liberté d’expression et l’essor économique des acteurs du digital, est clairement appuyée par le régime du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Le ministre de la Communication a souligné la nécessité de protéger l’ordre public face à des rumeurs amplifiées par les plateformes. Cependant, les critiques fusent et dénoncent une stratégie répressive qui rappelle le spectre des black-outs sous le régime Bongo-PDG.

Seulement, coutumiers du fait, les autorités gabonaises d’antan et désormais actuelles, ont fait générer une ironie flagrante. Puisque la décision de la HAC a entretenu l’usage massif des VPN. Aussi, paradoxale que la situation puisse paraître, la surveillance des contenus malveillants est plus ardue pour l’État gabonais. Les internautes, désormais connectés via des serveurs étrangers, s’exposent à des risques accrus de cybersécurité notamment des phishing, malwares ou fuites de données comme le rapporte le journal Sahel d’Afrique. Sapristi !

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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