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Gabon : l’urgence d’intégrer le braille dans les services publics 

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Selon les données publiées en 2024 par le Programme national de lutte contre la cécité et la malvoyance du ministère de la Santé et des Affaires sociales, le Gabon compte environ 48 000 personnes déficientes visuelles et malvoyantes. Ce chiffre, loin d’être anodin, révèle l’ampleur d’un enjeu de santé publique et d’inclusion sociale encore insuffisamment pris en compte. Pour ces citoyens, l’accès aux services de base, administrations, hôpitaux, écoles, transports ou encore services judiciaires demeure un véritable parcours du combattant, faute d’aménagements adaptés.

Avec un taux de déficience visuelle estimé à 23,8 %, incluant les personnes aveugles et malvoyantes, le pays est appelé à renforcer les mécanismes favorisant leur autonomie. L’un des outils les plus essentiels reste le braille, pourtant largement absent des administrations publiques gabonaises. L’absence de signalétiques en braille, de documents administratifs accessibles ou encore de formulaires adaptés contraint les personnes concernées à dépendre d’un tiers, ce qui porte atteinte à leur dignité et renforce leur marginalisation sociale.

Le braille, un pilier fondamental de l’autonomie et de la citoyenneté

Célébrée chaque 4 janvier, la Journée mondiale du braille rappelle l’importance de ce système d’écriture tactile fondé sur une combinaison de six points permettant de représenter lettres, chiffres, symboles mathématiques, scientifiques et musicaux. Le braille constitue un moyen fondamental d’accès à l’information, à la lecture et à l’apprentissage pour les personnes aveugles et malvoyantes, leur garantissant une participation pleine et entière à la vie sociale.

Dans de nombreux pays, l’intégration du braille dans les services publics est déjà une réalité, plaques signalétiques dans les bâtiments administratifs, documents officiels transcrits, billets de banque, notices pharmaceutiques ou encore équipements numériques adaptés. Autant de pratiques qui favorisent l’inclusion et réduisent les inégalités. Au Gabon, leur généralisation reste timide, malgré les engagements internationaux pris par l’État.

Un impératif légal et un défi pour les politiques publiques

Le braille est reconnu comme un droit fondamental par la Convention relative aux droits des personnes handicapées, notamment en son article 2, qui promeut l’égalité d’accès à l’éducation, à l’information, à la liberté d’expression et d’opinion. En ratifiant ce texte, le Gabon s’est engagé à garantir l’accessibilité universelle et à éliminer les obstacles à la participation sociale des personnes vivant avec un handicap.

L’intégration effective du braille dans les services publics suppose une volonté politique affirmée, un investissement dans la formation des agents publics, ainsi qu’une collaboration étroite avec les associations de personnes handicapées. Au-delà d’une simple mesure symbolique, il s’agit d’un levier stratégique pour bâtir une société plus inclusive, respectueuse des droits humains et attentive aux besoins de toutes ses composantes.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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