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Gabon : libération du journaliste Roland Olouba Oyabi 

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Le journaliste Roland R. V. Olouba Oyabi a recouvré la liberté ce lundi 19 janvier 2025, après cinq jours de garde à vue à la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire, plus connue sous l’appellation B2. Directeur de publication du journal en ligne Gabon Mail Infos, il avait été interpellé manu militari le jeudi 15 janvier dernier à la station d’Awendjé, alors qu’il se trouvait en compagnie d’un de ses confrères. 

Selon une source proche du dossier, cette arrestation faisait suite à un article d’Africa Intelligence que le journaliste avait traité et relayé sur sa plateforme. Selon plusieurs sources concordantes, l’interpellation s’est déroulée sans présentation de mandat d’amener ni d’arrêt, suscitant une vive inquiétude au sein de la corporation journalistique nationale et au-delà. Durant ces cinq jours, Roland Olouba Oyabi est resté coupé de sa famille, de ses proches et de ses collaborateurs, plongeant la rédaction de Gabon Mail Infos dans une paralysie totale.

L’intervention déterminante de la HAC

La libération du journaliste est intervenue grâce à la médiation de la Haute autorité de la communication (HAC), sous l’impulsion de son président, Ngoyo Moussavou, journaliste chevronné. Celui-ci a mobilisé une équipe conduite par le conseiller membre Jean-Claude Franck Mendome, multipliant les rencontres avec les responsables du B2 et le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville. En parallèle, plusieurs responsables de médias nationaux et internationaux ont mené des démarches discrètes mais déterminantes.

À sa sortie, Roland R. V. Olouba Oyabi a tenu à préciser que, selon les investigations menées durant sa garde à vue, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ne serait pas à l’origine de son arrestation. « Le problème est ailleurs », a-t-il sobrement déclaré, sans plus de détails.

Le journaliste a également reconnu l’attitude humaine des agents du B2 à son égard, tout en soulignant le caractère troublant de son interpellation. Il a exprimé une crainte persistante pour sa sécurité, estimant être exposé à un danger permanent, d’autant plus qu’aucune procédure judiciaire formelle ne lui a été notifiée. Par ailleurs, ses téléphones portables demeurent toujours entre les mains de la Direction générale des services spéciaux.

Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse, la protection des journalistes et le respect des procédures légales dans un contexte de transition où les attentes en matière d’État de droit restent fortes.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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