Gabon : les lieux de culte exclus de la Taxe forfaitaire d’habitation
Depuis l’introduction de la Taxe forfaitaire d’habitation (TFH) dans le débat public, de nombreux gabonais peinent à en saisir pleinement les mécanismes. Jugée complexe, parfois perçue comme asphyxiante financièrement et socialement injuste, cette nouvelle taxe a suscité interrogations et inquiétudes, tant sur son champ d’application que sur les ménages réellement concernés. La publication de la Loi de finances initiale 2026 au Journal officiel apporte toutefois des clarifications majeures. Le gouvernement y précise les modalités de calcul et de perception de la TFH, présentée comme un levier destiné à renforcer les ressources des collectivités locales, à hauteur de plus de 22 milliards de FCFA selon les projections officielles.
Dans sa mouture initiale, le dispositif reposait essentiellement sur le critère géographique, le lieu d’implantation du logement ou du local professionnel déterminant le montant dû. Une approche rapidement critiquée au Parlement, certains élus y voyant un risque d’iniquité fiscale, notamment pour les ménages modestes résidant dans des zones urbaines classées. À l’issue des travaux parlementaires, Assemblée nationale et Sénat ont introduit un second critère correctif : la puissance du compteur électrique. Désormais, le niveau de consommation présumé, à travers des compteurs de 3, 6, 9 ou 12 watts, entre également en ligne de compte dans le calcul de la taxe.
Une combinaison de critères pour plus d’équité fiscale
Ce double mécanisme vise à mieux refléter la capacité contributive des usagers. En croisant le lieu d’habitation et la puissance du compteur, les autorités entendent limiter les effets régressifs de la TFH et instaurer une certaine justice fiscale. Concrètement, un ménage disposant d’un faible compteur dans une zone donnée ne sera pas taxé au même niveau qu’un foyer plus énergivore, même situé dans le même quartier. Pour les particuliers, les montants mensuels de la TFH varient ainsi entre 500 FCFA et 30 000 FCFA, tandis que pour les professionnels, ils oscillent entre 1 000 FCFA et 50 000 FCFA.
Par ailleurs, la loi prévoit plusieurs exonérations destinées à protéger certaines catégories jugées sensibles ou relevant de l’intérêt général. Les locaux servant exclusivement à la célébration des cultes religieux reconnus par l’État, les dortoirs d’élèves dans les établissements scolaires et universitaires, les représentations diplomatiques, ainsi que les ménages bénéficiant de compteurs sociaux, sont expressément exclus du champ de la taxe. Adossée à la consommation d’électricité et collectée mensuellement par l’opérateur en charge de la fourniture électrique, la TFH s’inscrit ainsi dans une logique de recouvrement simplifié. Reste désormais au gouvernement le défi de la pédagogie et de l’acceptabilité sociale.








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