Gabon : les greffiers en mouvement d’humeur !
Le Syndicat national des greffiers (Synagref) a annoncé, le vendredi 27 février 2026, lors d’une assemblée générale au Palais de justice de Libreville, le lancement d’un mouvement d’humeur de trois jours. Selon le récit rapporté par L’Union, cette décision fait suite à une violente tentative d’incendie survenue le 25 février dernier. Laquelle illustre l’insécurité croissante des auxiliaires de justice.
L’incident, qui a mis le feu aux poudres, s’est produit il y a cinq jours au Tribunal de première instance (TPI) de Libreville. Une usagère, excédée par l’égarement de son dossier foncier depuis 2022, aurait fait irruption dans le greffe civil munie de pétrole et d’un allume-gaz. Après avoir aspergé le personnel présent, elle a tenté de déclencher un incendie avant d’être maîtrisée de justesse par des agents du parquet.
Un « scandale pénal » dénoncé
Au-delà de l’agression physique, c’est la réponse judiciaire qui indigne le corps de métier. D’ailleurs, Me Christ Ghislain Ndong, président du Synagref, et ses membres ont qualifié de « scandale pénal » la remise en liberté de l’agresseuse. Pour le syndicat, les faits relèvent pourtant de qualifications criminelles majeures : tentative d’homicide volontaire et tentative d’incendie.
« Dans un tel contexte de flagrance, la loi offre pourtant au parquet des leviers immédiats pour prendre des mesures privatives de liberté », a déploré le syndicat.Les greffiers dénoncent un « mutisme institutionnel » et un manque d’empathie flagrant de la part de leur hiérarchie. Ce mouvement de grève se veut un cri d’alarme contre l’insécurité permanente dans laquelle évoluent les agents publics.
En cessant le travail, le Synagref exige une fermeté pénale exemplaire et une protection réelle des personnels judiciaires, estimant que l’impunité actuelle fragilise l’ensemble de l’institution. Sans quoi, la situation pourrait perdurer et pénaliser les usagers des cours et tribunaux. Un mal dont aurait pu se passer la justice gabonaise en cette période de reconstruction des ponts avec les justiciables.









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