Gabon : le SNEC-UOB dépose un préavis de grève de huit jours
Le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) hausse le ton. À l’issue d’une conférence de presse tenue ce mardi 20 janvier 2026, le syndicat a annoncé le dépôt d’un préavis de grève de huit jours auprès du rectorat de l’UOB, ouvrant la voie à un nouveau front social dans l’enseignement supérieur.
La tension monte à l’Université Omar Bongo. Réuni face à la presse ce mardi, le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) a officiellement annoncé le dépôt d’un préavis de grève de huit jours au cabinet du recteur. Une information confirmée par l’Agence gabonaise de presse.
Pour le syndicat, il s’agit d’un ultime signal adressé aux autorités universitaires et gouvernementales. « Les autorités compétentes disposent d’un délai de huit jours pour engager des négociations. À défaut, le SNEC-UOB entrera immédiatement en grève », a averti Mathurin Ebè, l’un des responsables syndicaux, lors de cette sortie médiatique.
Des revendications anciennes, jugées urgentes
Au cœur des revendications figure la mise en place immédiate d’une commission tripartite associant l’administration, les enseignants-chercheurs et l’État. Cette commission aurait pour mission d’examiner l’ensemble des situations administratives en souffrance, jusqu’à leur régularisation financière effective.
Le SNEC-UOB réclame également l’apurement intégral de la dette pédagogique, estimée à 464 937 832 francs CFA au titre de l’année universitaire 2022-2023. Une créance jugée lourde de conséquences sur le fonctionnement académique et la motivation du personnel enseignant.
Autre point de crispation : la précarité administrative persistante au sein de l’UOB. Le syndicat exige le pourvoi immédiat de tous les postes vacants afin de mettre fin à des situations jugées « anormales » dans une institution universitaire de premier plan. À cela s’ajoutent la régularisation juridique de l’Institut des langues et l’électrification complète des espaces pédagogiques, encore insuffisamment couverts selon le SNEC-UOB.
Une décision issue de l’assemblée générale
Cette montée en pression syndicale fait suite à l’assemblée générale tenue le 16 janvier dernier. À cette occasion, les enseignants-chercheurs ont exprimé leur profond mécontentement face à ce qu’ils qualifient d’absence de réponses concrètes et durables à leurs doléances.
Pour le SNEC-UOB, le dépôt du préavis de grève marque une étape décisive dans un bras de fer engagé depuis plusieurs mois. À l’heure où l’enseignement supérieur gabonais est déjà fragilisé par un climat social tendu, cette menace de paralysie de l’UOB pose, une fois de plus, la question de la gouvernance universitaire et de la capacité de l’État à anticiper et désamorcer les crises sectorielles.
Les huit prochains jours s’annoncent donc déterminants pour l’avenir immédiat de l’Université Omar Bongo et pour la stabilité du secteur de l’enseignement supérieur au Gabon.








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